TikTok et LinkedIn sont sous le feu des projecteurs : la Commission des médias a ouvert des enquêtes à l’encontre des deux plateformes, craignant des lacunes dans leurs systèmes de signalement de contenus illégaux, notamment les abus sexuels sur enfants. Ces investigations marquent une nouvelle étape dans l’application du règlement européen sur les services numériques (DSA).
L’enquête, lancée mardi 23 avril, vise à déterminer si les mécanismes de signalement mis en place par TikTok (propriété de la société chinoise ByteDance) et LinkedIn (filiale de Microsoft) sont suffisamment accessibles et conviviaux. La Commission des médias s’interroge également sur la possibilité pour les utilisateurs de signaler de manière anonyme les contenus choquants, une exigence clé du DSA.
Selon John Evans, commissaire aux services numériques de la Commission des médias, la conception même des interfaces de ces plateformes pourrait décourager les signalements. « Dans le cas de ces plateformes, il y a des raisons de soupçonner que leurs mécanismes de signalement de contenus illégaux ne sont pas faciles d’accès ou conviviaux, ne permettent pas aux gens de signaler anonymement les matériels d’abus sexuels sur des enfants, comme l’exige la DSA, et que la conception de leurs interfaces peut dissuader les gens de signaler un contenu comme illégal », a-t-il déclaré.
Ces enquêtes s’inscrivent dans le nouveau rôle de la Commission des médias, qui est désormais chargée de veiller à ce que les plateformes établies en Irlande respectent le DSA. Plusieurs grandes entreprises technologiques multinationales ont leur siège européen dans ce pays.
La Commission des médias a déjà mené des investigations similaires auprès d’autres fournisseurs de services en ligne, obtenant des engagements et des modifications significatives de leurs systèmes de signalement. M. Evans a précisé que des informations supplémentaires avaient été demandées à certains fournisseurs et qu’il n’excluait pas de nouvelles mesures réglementaires à l’avenir.
Le mois dernier, la Commission avait ouvert sa première enquête au titre du DSA, ciblant la plateforme de médias sociaux X. Le DSA, adopté par l’Union européenne, impose aux grandes plateformes – réseaux sociaux, moteurs de recherche, etc. – de mettre en œuvre des mesures efficaces pour limiter la diffusion de contenus illégaux et préjudiciables. En cas de non-conformité, les entreprises encourent des amendes pouvant atteindre jusqu’à 6 % de leur chiffre d’affaires annuel.
