Publié le 11 janvier 2026 à 15h07. Face à une prolifération d’images générées par intelligence artificielle à caractère sexuel et parfois violent, plusieurs pays d’Asie du Sud-Est ont pris des mesures drastiques en bloquant temporairement l’accès au chatbot Grok de xAI.
- L’Indonésie et la Malaisie ont annoncé le blocage temporaire de Grok en réponse à la génération d’images sexualisées non consensuelles.
- Plusieurs autres pays, dont l’Inde et le Royaume-Uni, ont lancé des enquêtes ou émis des avertissements à l’encontre de xAI.
- xAI a initialement présenté des excuses et a restreint la génération d’images à ses abonnés payants, mais ces mesures semblent incomplètes.
L’Indonésie et la Malaisie sont les premiers pays à prendre des mesures aussi fermes contre Grok, le chatbot développé par xAI, filiale de la société d’Elon Musk, X (anciennement Twitter). Le ministre indonésien des Communications et du Numérique, Meutya Hafid, a déclaré que son gouvernement considère la création de deepfakes sexuels non consensuels comme une « violation grave des droits de l’homme, de la dignité et de la sécurité des citoyens dans l’espace numérique ». Selon le Guardian, le ministère indonésien a également convoqué des représentants de X pour discuter de la situation.
Le gouvernement malaisien a annoncé une interdiction similaire dimanche, rejoignant ainsi l’Indonésie dans sa réponse à ce problème croissant. Le New York Times rapporte que cette décision fait suite à une vague de signalements concernant des images générées par Grok représentant des femmes et des mineurs dans des situations sexualisées, voire violentes.
Ces mesures s’inscrivent dans un contexte international d’inquiétude croissante face aux dérives de l’intelligence artificielle. La semaine dernière, le ministère indien de l’Informatique a ordonné à xAI de prendre des mesures pour empêcher Grok de générer du contenu obscène. Comme le souligne TechCrunch, la Commission européenne a également demandé à l’entreprise de conserver tous les documents relatifs à Grok, ouvrant la voie à une éventuelle enquête.
Au Royaume-Uni, l’Ofcom, le régulateur des communications, a annoncé qu’il allait « procéder à une évaluation rapide pour déterminer s’il existe des problèmes de conformité potentiels justifiant une enquête ». Le Premier ministre Keir Starmer a affirmé dans une interview que l’Ofcom bénéficiait de son « soutien total pour agir ».
Aux États-Unis, la réaction est plus contrastée. L’administration Trump, dont le PDG de xAI, Elon Musk, est un donateur important et qui a dirigé le controversé Département de l’efficacité gouvernementale l’année dernière, est restée silencieuse sur la question. TechCrunch rappelle ce lien étroit. En revanche, des sénateurs démocrates ont appelé Apple et Google à retirer X de leurs magasins d’applications.
Face à la polémique, xAI a d’abord publié des excuses, présentées comme provenant du compte Grok lui-même, reconnaissant qu’un message avait « violé les normes éthiques et potentiellement les lois américaines » concernant la production de matériel pédopornographique. L’entreprise a ensuite restreint la fonctionnalité de génération d’images à ses abonnés payants sur X, mais cette restriction ne semble pas s’appliquer à l’application Grok, où la génération d’images reste accessible à tous.
Elon Musk a réagi aux critiques en accusant les gouvernements de chercher « n’importe quelle excuse pour la censure », en réponse à une question sur l’absence de mesures prises par le gouvernement britannique à l’encontre d’autres outils de génération d’images par IA. Son tweet témoigne de la tension croissante entre les entreprises technologiques et les régulateurs.
Note : cet article a été mis à jour pour inclure l’annonce de l’interdiction de Grok par la Malaisie.



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