Publié le 9 décembre 2025 01:22:00. La Nahdlatul Ulama (NU), la plus grande organisation musulmane d’Indonésie, est secouée par une crise de leadership. Une lutte de pouvoir oppose le président Yahya Cholil Staquf au Conseil suprême, qui a réaffirmé son éviction, tandis que d’autres figures influentes de l’organisation rejettent cette décision.
- Le Conseil suprême de la NU a demandé à Yahya Cholil Staquf de démissionner suite à son invitation à un conférencier pro-israélien et à des allégations de mauvaise gestion financière.
- Yahya Cholil Staquf a refusé de démissionner, ce qui a conduit à son éviction par le Conseil suprême, une décision contestée par une partie des dirigeants de la NU.
- Une réunion à Jombang a tenté de trouver un terrain d’entente, mais le Conseil suprême maintient sa position et affirme son autorité.
La Nahdlatul Ulama (NU), une organisation religieuse et sociale influente en Indonésie, est plongée dans une crise interne. Samedi, des dirigeants de la NU, des membres du conseil consultatif et des hauts responsables religieux se sont réunis au pensionnat islamique Tebuireng à Jombang, dans l’est de Java, pour tenter de résoudre les tensions croissantes.
L’origine du conflit remonte au 20 novembre, lorsque le Syuriah, le conseil suprême de la NU, a lancé un ultimatum à Yahya Cholil Staquf. Ce dernier était sommé de démissionner ou d’être destitué de ses fonctions en raison de deux motifs principaux : son invitation à un orateur controversé favorable à Israël lors d’un événement interne en août, et des accusations de mauvaise gestion financière au sein de l’organisation.
M. Staquf a refusé de donner suite à cet ultimatum. Le 26 novembre, le Syuriah a alors annoncé son éviction par voie de circulaire. Cependant, cette décision a été largement contestée par de nombreux dirigeants de la NU, qui l’ont jugée non conforme aux statuts de l’organisation.
Mohammad Nuh, ancien ministre de l’Éducation et membre du Syuriah participant à la réunion de Jombang, a déclaré que celle-ci offrait une opportunité de réconciliation. Il a toutefois insisté sur le fait que le Conseil suprême restait l’instance décisionnelle la plus élevée de la NU et que sa décision d’évincer M. Staquf restait valable.
« Des idées pour [la réconciliation] sont les bienvenues, mais il existe une institution qui prend ces décisions au sein de l’organisation »,
Mohammad Nuh, ancien ministre de l’Éducation
M. Nuh a souligné l’importance de respecter les mécanismes organisationnels : « La décision finale doit passer par le processus [du conseil] car il s’agit d’une question d’organisation. »
Il a également tenu à préciser que l’éviction de Yahya Cholil Staquf ne relevait pas de querelles personnelles, démentant ainsi les rumeurs qui circulaient sur les réseaux sociaux concernant une éventuelle implication de la NU dans la gestion de concessions minières publiques.
