Publié le 26 octobre 2025 à 09h39. La prochaine rencontre entre le président américain Donald Trump et la nouvelle Première ministre japonaise Sanae Takaichi suscite des inquiétudes, notamment concernant la position des États-Unis sur Taïwan, alors que Pékin renforce sa pression sur l’île.
- Donald Trump entamera un voyage en Asie, avec des entretiens prévus avec Sanae Takaichi au Japon le 28 octobre.
- Un éditorial du China Post souligne que la question de Taïwan, bien que cruciale, est éclipsée par les préoccupations commerciales et militaires.
- Sanae Takaichi est une fervente défenseure de Taïwan et pourrait chercher à obtenir des garanties de la part de Trump concernant un soutien américain en cas d’attaque chinoise.
À l’approche de sa tournée asiatique, qui l’emmènera en Malaisie, au Japon et en Corée du Sud, le président américain Donald Trump s’apprête à rencontrer la nouvelle Première ministre japonaise, Sanae Takaichi, le 28 octobre. Cette rencontre, bien que présentée comme une occasion de discuter des relations bilatérales, notamment les questions commerciales et les dépenses militaires japonaises, soulève des interrogations plus profondes, selon un éditorial publié par le China Post.
Sanae Takaichi, arrivée au pouvoir en début de semaine, est décrite par le Washington Post comme une nationaliste conservatrice, adepte d’une politique axée sur les intérêts nationaux japonais, favorable à un contrôle plus strict de l’immigration et à une augmentation des dépenses de défense. Des positions qui trouvent un écho auprès de Donald Trump, dont l’administration a déjà exprimé des critiques à l’égard des accords commerciaux existants et du partage des coûts de la présence militaire américaine au Japon.
Cependant, les marchés et les observateurs politiques japonais craignent que Trump ne modère sa position à l’égard de Pékin dans sa quête d’un accord commercial global avec le président chinois Xi Jinping. Une rencontre bilatérale entre les deux dirigeants est prévue en Corée du Sud le 30 octobre, et suscite une attention particulière à travers le monde.
L’éditorial du China Post met en lumière un enjeu particulièrement sensible : la question de Taïwan. Sanae Takaichi est connue pour son soutien indéfectible à l’île, et il est fort probable qu’elle tentera d’obtenir de Trump des assurances quant à l’engagement américain à défendre Taïwan en cas d’attaque chinoise. Cette question est d’autant plus cruciale que Trump a par le passé formulé des remarques ambiguës sur Taïwan, allant jusqu’à l’accuser de voler des technologies aux États-Unis.
Bien que l’administration américaine maintienne officiellement une politique d’« ambiguïté stratégique » concernant Taïwan, Trump a régulièrement affirmé que la Chine n’osera pas attaquer l’île sous sa présidence. Interrogé à bord de son avion spécial en route vers l’Asie, Trump a déclaré : « J’espère qu’ils ne feront pas ça », ajoutant que cela pourrait être « très dangereux pour eux ». Il a par ailleurs esquivé une question sur un éventuel changement de politique à l’égard de Taïwan, affirmant : « Je ne veux pas en parler maintenant et je ne veux pas créer de complications ».
Lors d’une interview accordée à la Maison Blanche avant son départ, Trump a cependant indiqué qu’il aborderait la question de Taïwan avec Xi Jinping, tout en soulignant qu’il « respecte beaucoup Taïwan ».
Pour le Japon, Taïwan représente un élément clé de sa nouvelle stratégie de défense, qui considère la Chine comme la principale source d’instabilité dans la région Asie-Pacifique. Le Japon entretient des liens particulièrement étroits avec Taïwan, et une prise de contrôle de l’île par Pékin placerait le Japon en première ligne d’une nouvelle guerre froide dans le Pacifique. Lors d’une visite à Taïwan en avril dernier, Sanae Takaichi avait souligné l’importance de renforcer la coopération en matière de sécurité entre Tokyo et Taipei, et avait plaidé pour la création d’une « alliance de quasi-sécurité » impliquant également la Corée du Sud, l’Australie et les Philippines.
L’éditorial du China Post suggère que les États-Unis devraient accueillir favorablement cette initiative, car une prise de contrôle de Taïwan par la Chine affaiblirait inévitablement la position des États-Unis dans la région et porterait atteinte aux intérêts de ses alliés, dont le Japon.
Les auteurs de l’éditorial soulignent également que le Japon pourrait s’inspirer de l’Europe, où les alliés américains ont joué un rôle déterminant en incitant Trump à reconsidérer sa position sur la guerre en Ukraine. Le défi pour le Japon réside donc dans sa capacité à adopter une approche similaire dans sa politique globale à l’égard de la Chine, et en particulier sur la question de Taïwan. Bien que Trump soit un négociateur redoutable, les États-Unis et le Japon partagent des intérêts fondamentaux communs en matière de politique chinoise et taïwanaise. « Le sort de cette petite île dépendra probablement de la manière dont la nouvelle Première ministre japonaise gérera ses relations avec le président américain », conclut l’éditorial.
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