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Des avions anciens et de haute technologie devraient renforcer l’armée de l’air ukrainienne

Publié le 26 octobre 2025 à 09h08. L'Ukraine renforce sa défense aérienne avec une combinaison surprenante d'équipements : d'anciens avions d'entraînement soviétiques, acquis grâce à des dons, et des avions de combat Gripen E de pointe, promis par…

Des avions anciens et de haute technologie devraient renforcer l’armée de l’air ukrainienne

Publié le 26 octobre 2025 à 09h08. L’Ukraine renforce sa défense aérienne avec une combinaison surprenante d’équipements : d’anciens avions d’entraînement soviétiques, acquis grâce à des dons, et des avions de combat Gripen E de pointe, promis par la Suède, illustrant la complexité de la guerre moderne.

  • L’organisation néerlandaise Protect Ukraine a livré un avion d’entraînement Yak-52 pour sécuriser l’espace aérien de la région d’Odessa.
  • Le président Zelensky a signé un accord avec la Suède pour la livraison d’au moins 100 avions de combat Gripen, avec une possible augmentation à 150.
  • L’armée de l’air ukrainienne utilise déjà les Yak-52 pour intercepter des drones, bien que leur efficacité soit limitée.

La défense aérienne ukrainienne reçoit un soutien diversifié, allant de solutions de fortune à des technologies de pointe. Protect Ukraine, une organisation humanitaire néerlandaise, a récemment acheminé un avion d’entraînement Yak-52 vers l’Ukraine, où il sera utilisé pour renforcer la sécurité de la région d’Odessa. Cette initiative, bien que modeste, témoigne de l’engagement international envers l’Ukraine.

Parallèlement, un accord majeur a été conclu avec la Suède pour la livraison d’au moins 100 avions de combat Gripen E, avec la possibilité d’en recevoir jusqu’à 150. Le président Zelensky a officialisé cet accord avec le Premier ministre suédois Kristersson, et les premiers appareils sont attendus l’année prochaine. Le coût total de cette commande s’élève à 7,3 milliards d’euros, et le ministre suédois de la Défense espère financer l’opération grâce à des avoirs russes gelés, une proposition qui rencontre actuellement des obstacles au niveau européen.

L’utilisation conjointe de ces deux types d’appareils, l’ancien Yak-52 et le moderne Gripen, reflète la nature hybride du conflit en Ukraine. Comme l’a souligné un observateur, cette situation rappelle les tranchées et les affrontements de la Première Guerre mondiale, combinés à l’utilisation de technologies de pointe telles que les drones et l’intelligence artificielle.

Les Yak-52, bien que dépassés, sont déjà opérationnels. Des images impressionnantes montrent ces avions interceptant des drones ennemis. Jaap Scholten, fondateur de Protect Ukraine, a décrit la méthode employée :

« C’est un biplace dans lequel les pilotes de l’armée de l’air ont appris à voler. Désormais, il n’y a plus d’instructeur derrière le pilote, mais un tireur. Il ouvre la verrière en l’air, ils s’approchent du vol puis tirent sur les drones avec un fusil de chasse, comme si c’était la Première Guerre mondiale. »

Jaap Scholten, fondateur de Protect Ukraine

Des images montrent également un drone de reconnaissance russe Orlan touché par un Yak-52, démontrant une capacité d’interception inattendue. Cette tactique rappelle les méthodes employées par les pilotes britanniques de Spitfire pendant la Seconde Guerre mondiale pour abattre les roquettes allemandes V-1 dirigées vers Londres.

Cependant, Yuri Ignat, porte-parole de l’armée de l’air ukrainienne, tempère l’enthousiasme :

« Nous ne devons pas surestimer leur rôle. »

Yuri Ignat, porte-parole de l’armée de l’air ukrainienne

Selon lui, les Yak-52 ont abattu cinq drones Shahed le mois dernier. Il souligne également les dangers liés à l’utilisation de ces appareils à hélices contre les drones iraniens, en raison du risque d’explosion et de la proximité nécessaire pour engager les cibles.

Les hélicoptères, équipés de mitrailleuses lourdes, sont considérés comme plus efficaces pour intercepter les drones Shahed, bien que cette opération reste périlleuse. L’armée de l’air ukrainienne considère les Yak-52 comme un filet de sécurité pour contrer les drones de reconnaissance russes Orlan, qui servent à identifier les cibles pour les missiles balistiques.

La Russie utilise également des Yak-52 pour chasser les drones, ce qui, selon Scholten, confirme l’efficacité de cette approche : « Ils imitent les Ukrainiens ». Des images montrent des Yak-52 russes équipés de radars spéciaux pour la détection des drones, bien que les tentatives d’installation de canons se soient heurtées à des problèmes de stabilité.

Protect Ukraine a acquis son Yak-52 pour 78 000 euros et travaille à l’acquisition d’un second appareil. Ce coût est infime comparé à celui d’un Gripen E, dont le prix est au moins mille fois supérieur. La livraison des Gripen E est cependant soumise à des obstacles financiers et politiques, notamment le blocage belge concernant l’utilisation des avoirs russes gelés pour financer la commande.

Malgré ces difficultés, la Commission européenne s’efforce de trouver une solution pour lever les objections et permettre la concrétisation de cette importante commande. Ignat estime que même si un accord est trouvé, le déploiement des Gripen E en Ukraine ne se fera pas avant un certain temps, en raison de la complexité de ces systèmes d’armes de haute technologie.

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À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.