Publié le 30 décembre 2025 à 17h53. La Chine a intensifié sa pression militaire sur Taïwan en lançant des exercices de grande envergure, simulant notamment des opérations de blocus, après des tensions liées à une nouvelle vente d’armes américaines à l’île.
- La Chine a mené des tirs réels dans les eaux au nord de Taïwan, mobilisant au moins 130 avions et plus de 50 navires.
- Les autorités taïwanaises ont recensé 27 projectiles tirés par l’armée chinoise, tandis que des témoins à Pingtan ont rapporté avoir vu des explosions et des traînées de fumée.
- Plusieurs pays, dont les États-Unis, l’Union européenne, l’Allemagne et la France, ont exprimé leur inquiétude face à ces manœuvres et appelé à la retenue.
Les tensions dans le détroit de Taïwan se sont accrues ces dernières heures avec le déploiement massif de forces militaires chinoises. Pékin justifie ces exercices comme une réponse aux provocations des forces indépendantistes taïwanaises et aux ventes d’armes américaines à Taipei, estimées à 11,1 milliards de dollars (environ 10 milliards d’euros) depuis le retour au pouvoir de Donald Trump.
Selon le ministère taïwanais de la Défense, au moins 130 avions militaires et plus de 50 navires chinois ont été détectés autour de l’île. Des journalistes de l’Agence France-Presse (AFP) présents à Pingtan, l’île chinoise la plus proche de Taïwan, ont observé une salve de projectiles exploser dans les airs vers 9h00 heure locale (01h00 GMT), laissant derrière elles des traînées de fumée blanche. Au moins dix projectiles ont été tirés en succession rapide, provoquant un bruit assourdissant qui a attiré les touristes.
L’armée chinoise a affirmé avoir effectué des exercices de tirs réels de longue portée dans les eaux au nord de Taïwan, obtenant les résultats escomptés. Elle a également annoncé avoir déployé des destroyers, des frégates, des chasseurs et des bombardiers pour des exercices d’identification, d’alerte, d’expulsion, de simulation de frappes et d’opérations anti-sous-marines.
Le président taïwanais, Lai Ching-te, a fermement condamné ces manœuvres, les qualifiant de provocation flagrante contre la sécurité régionale et l’ordre international. Il a toutefois promis que Taïwan ne chercherait pas à aggraver les tensions.
« La Chine fait fi des attentes de la communauté internationale en matière de paix et sape délibérément la stabilité régionale avec son intimidation militaire. »
Lai Ching-te, président taïwanais
Plusieurs pays ont réagi à ces développements. L’Union européenne a souligné l’importance stratégique de la paix et de la stabilité dans le détroit de Taïwan pour la sécurité et la prospérité régionales et mondiales, appelant Pékin à la retenue. L’Allemagne a dénoncé des manœuvres qui « accroissent les tensions » et « nuisent à la stabilité » dans le détroit. La France a exprimé sa préoccupation et appelé toutes les parties à s’abstenir de toute escalade. Ministère français des Affaires étrangères
Les autorités taïwanaises ont également réagi en déployant leurs propres forces et en dépêchant 14 bâtiments des garde-côtes pour surveiller les navires chinois. Plus de 857 vols intérieurs, internationaux et de transit ont été affectés par les exercices chinois. La population taïwanaise, cependant, semble relativement calme, habituée à ce type de démonstrations de force.
Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a martelé que toute tentative visant à empêcher l’unification de la Chine et de Taïwan se solderait par un échec. Ministère chinois des Affaires étrangères
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