Publié le 2024-10-27 14:35:00. L’encéphalite à tiques (EAT), une maladie potentiellement grave transmise par les tiques, est en augmentation en Europe, y compris en Autriche, malgré un taux de vaccination élevé. Une étude récente met en évidence l’importance cruciale d’une vaccination régulière pour se protéger et soulager le système de santé.
- Entre 2000 et 2024, 2 260 cas d’EAT ont été hospitalisés en Autriche.
- La vaccination offre une protection d’environ 99 % pour les personnes régulièrement vaccinées et de plus de 90 % même en cas de rappels irréguliers.
- La diminution de la volonté de se faire vacciner coïncide avec une augmentation des cas de la maladie.
Une équipe du Centre de virologie de l’Université Médicale de Vienne (MedUni Vienne) a analysé les données hospitalières sur les maladies transmises par les tiques entre 2000 et 2024 afin de déterminer l’efficacité de la vaccination contre l’EAT. Leurs conclusions, publiées dans la revue spécialisée « Vaccine » étudient, soulignent l’importance d’une couverture vaccinale durable.
L’étude révèle que sur la période étudiée, 2 260 personnes ont été hospitalisées en Autriche pour une EAT. Les adultes âgés de 16 à 59 ans représentent la tranche d’âge la plus touchée, suivis des personnes de plus de 60 ans. Les enfants de moins de 15 ans représentent 12 % des cas. Plus d’un millier de patients hospitalisés ont présenté une évolution grave de la maladie, et 26 personnes (1,2 %) sont décédées des suites d’une infection à l’EAT.
L’EAT est une maladie pour laquelle il n’existe pas de traitement curatif. Elle peut entraîner de graves séquelles neurologiques à long terme. Cependant, les chercheurs insistent sur l’efficacité du vaccin : une protection d’environ 99 % est observée chez les personnes vaccinées régulièrement. Même une vaccination irrégulière, complétée par des rappels, offre une protection supérieure à 90 %. Selon l’équipe de recherche, cela a permis d’éviter plus de 10 000 hospitalisations, 4 000 cas graves et 80 décès entre 2000 et 2024.
Malgré ces résultats encourageants, les experts constatent une baisse de l’adhésion à la vaccination contre l’EAT, y compris pour les rappels.
« Cela coïncide avec un nombre croissant de maladies TBE chez les personnes non vaccinées ou qui n’ont pas été vaccinées conformément aux recommandations et a conduit à une augmentation significative de la fréquence des maladies. »
Simon Raffl, Centre de virologie de MedUni Vienne
Les auteurs de l’étude soulignent qu’un taux de vaccination durablement élevé dans l’ensemble de la population est essentiel pour inverser cette tendance et alléger la pression sur le système de santé autrichien.