Publié le 7 décembre 2025 à 21h47. Avant de finaliser son acquisition historique de Warner Bros. et HBO Max pour 82,7 milliards de dollars (USD), Netflix a entretenu des relations discrètes avec l’ancien président américain Donald Trump, cherchant à s’assurer de l’absence d’opposition de la Maison Blanche à cette opération.
- Ted Sarandos, co-PDG de Netflix, a rencontré Donald Trump au Bureau Ovale le 24 novembre.
- Les discussions ont porté sur des incitations fiscales pour l’industrie cinématographique, mais surtout sur l’offre de rachat de Warner Bros. et HBO Max.
- Des inquiétudes antitrust se font jour, notamment de la part de la sénatrice Elizabeth Warren, tandis que des créateurs s’opposent à l’opération par crainte pour l’avenir des salles de cinéma.
Dans les semaines précédant l’annonce de l’accord, Ted Sarandos s’est rendu au Bureau Ovale pour une rencontre qui a duré plus d’une heure avec Donald Trump. Cette initiative, révélée par Bloomberg, visait à obtenir des garanties quant à l’absence d’interférences de l’administration américaine dans le processus d’acquisition. Selon des sources proches de la conférence, Sarandos aurait quitté cette réunion avec le sentiment que Netflix ne rencontrerait pas d’opposition immédiate de la Maison Blanche.
La conversation entre Sarandos et Trump a abordé plusieurs sujets, notamment la possibilité de mettre en place des mesures incitatives fiscales au niveau fédéral pour soutenir le secteur cinématographique. Cependant, l’essentiel des échanges a concerné l’offre de Netflix pour Warner Bros. et HBO Max. Netflix a finalement déjoué la concurrence de Paramount-Skydance et de Comcast pour s’emparer de ces actifs. Paramount-Skydance a d’ores et déjà laissé entendre qu’elle pourrait contester la légalité du processus d’appel d’offres, estimant qu’il n’a pas été mené de manière équitable.
L’opération, qui représente un tournant majeur dans le paysage audiovisuel, suscite toutefois des inquiétudes. La sénatrice Elizabeth Warren a exprimé ses préoccupations quant aux implications antitrust de cette acquisition. Parallèlement, une lettre ouverte signée par des cinéastes et des producteurs de premier plan est en préparation, dénonçant le risque que Netflix, en absorbant Warner Bros., affaiblisse le modèle économique des salles de cinéma. Certains artistes, bien que préoccupés, hésitent à s’engager publiquement, craignant des représailles de la part de Netflix, avec laquelle ils entretiennent des relations professionnelles. Sean Baker et Jane Fonda ont déjà fait part de leurs réserves.
Ted Sarandos a également entretenu des liens avec le monde politique au-delà de cette rencontre avec Donald Trump. Lui et son épouse, Nicole Avant, ancienne ambassadrice des États-Unis aux Bahamas, ont organisé plusieurs collectes de fonds pour le Parti démocrate, notamment au profit de l’ancien président Joe Biden. Lors d’une interview accordée à Variety au printemps dernier, Sarandos a qualifié sa rencontre avec Trump de « repas privé », refusant de divulguer des détails précis. Interrogé sur la possibilité d’une collaboration créative avec l’ancien président, il a répondu avec prudence :
« Je ne sais pas ce qu’il ferait de manière créative. Il a les mains occupées. »
Netflix doit encore obtenir les autorisations réglementaires nécessaires pour finaliser l’acquisition de Warner Bros. et HBO Max. L’issue de cette opération reste donc incertaine, compte tenu des obstacles potentiels soulevés par les autorités de la concurrence et les acteurs de l’industrie cinématographique.