Publié le 13 octobre 2025 à 20h13. Des chercheurs mettent en évidence des similitudes frappantes dans les caractéristiques des cancers du sein entre les femmes ghanéennes et les femmes afro-américaines, soulignant une possible vulnérabilité partagée.
- Les taux d’incidence des cancers du sein ER-négatifs sont comparables entre les femmes du Ghana et les femmes noires américaines, et plus élevés que chez les femmes blanches non hispaniques.
- Les femmes ghanéennes présentent un taux d’incidence significativement plus faible de cancers du sein ER-positifs, potentiellement lié à un dépistage limité.
- Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour comprendre les facteurs sous-jacents à ces tendances et améliorer la prévention du cancer du sein dans ces populations.
Une étude récente, publiée dans JAMA Network Open, révèle des parallèles troublants dans les profils tumoraux du sein observés chez les femmes du Ghana et celles d’origine africaine aux États-Unis. L’étude, menée par une équipe de l’Institut national du cancer (NCI) de Rockville, dans le Maryland, sous la direction de Brittny Davis Lynn, PhD, examine les taux d’incidence des différents types de cancer du sein dans ces deux populations.
Les résultats indiquent que les taux d’incidence des tumeurs ER-négatives – un type de cancer du sein souvent plus agressif – sont similaires entre les femmes ghanéennes et les femmes noires non hispaniques américaines. Ces taux sont significativement plus élevés que ceux observés chez les femmes blanches non hispaniques américaines. Cette découverte suggère une possible prédisposition génétique ou environnementale commune qui nécessite une investigation plus approfondie.
« Cette observation pourrait indiquer une susceptibilité accrue nécessitant des éclaircissements dans les populations noires et ouest-africaines non hispaniques des États-Unis »,
Brittny Davis Lynn, PhD, et collègues
L’incidence du cancer du sein est en augmentation en Afrique subsaharienne, en particulier pour les tumeurs ER-négatives. Les chercheurs soulignent que le manque d’études de qualité à grande échelle rend difficile l’évaluation précise des facteurs de risque et des tendances dans cette région. L’étude de Lynn et de son équipe a cherché à combler cette lacune en comparant les données du Ghana à celles des États-Unis.
Pour mener à bien cette analyse, l’équipe a utilisé des données collectées entre 2013 et 2015 dans les zones métropolitaines d’Accra et de Kumasi au Ghana, portant sur 1 071 femmes. Elle a également analysé les données de 17 registres du programme Surveillance, Epidemiology, and End Results (SEER) aux États-Unis, couvrant 18 321 femmes noires non hispaniques et 103 227 femmes blanches non hispaniques.
L’étude a révélé que, de 2013 à 2015, les taux d’incidence standardisés selon l’âge des cancers ER-négatifs étaient similaires entre les femmes ghanéennes et les femmes noires américaines, et supérieurs à ceux des femmes blanches américaines. En revanche, les femmes ghanéennes présentaient un taux d’incidence significativement plus faible de cancers ER-positifs. Les auteurs suggèrent que ce dernier résultat pourrait être lié à la disponibilité limitée des programmes de dépistage par mammographie au Ghana, qui sont plus efficaces pour détecter les tumeurs ER-positives.
Les chercheurs appellent à des études supplémentaires pour identifier les facteurs génétiques, comportementaux et sociaux qui contribuent aux taux élevés de cancer du sein ER-négatif dans les populations d’ascendance africaine. Ils soulignent que ces populations présentent également les taux de mortalité liés au cancer du sein les plus élevés au monde.
Consultez l’étude complète ici.
