Du voyeurisme subtil à l’obsession malsaine, le cinéma explore depuis toujours le frisson de regarder ce qui ne nous regarde pas. Une sélection de films, disponibles sur différentes plateformes de streaming, offre un aperçu fascinant de cette fascination persistante.
Fenêtre sur cour (1954) d’Alfred Hitchcock est souvent considéré comme le film fondateur du genre. James Stewart y incarne L.B. Jeffries, un photographe professionnel cloué chez lui suite à un accident. Pour passer le temps, il observe ses voisins à l’aide d’un téléobjectif, et commence à soupçonner un d’entre eux, Lars Thorwald (Raymond Burr), d’avoir commis un meurtre. Avec l’aide de l’infirmière Stella (Thelma Ritter) et de sa petite amie Lisa (Grace Kelly), il tente de prouver ses soupçons, mais sa curiosité pourrait bien s’avérer fatale.
Hitchcock revient sur ce thème avec Psychose (1960), un film qui repousse les limites du genre et donne naissance au slasher. Marion Crane (Janet Leigh) se retrouve au Bates Motel après avoir volé de l’argent. Sa rencontre avec le gérant, Norman Bates (Anthony Perkins), prend une tournure tragique lorsqu’elle est assassinée sous la douche par la mère de Norman. Le dénouement choquant révèle que « Mère Bates » est en réalité Norman déguisé en femme. Une scène particulièrement marquante, où Norman observe Marion se déshabiller à travers le trou de serrure, illustre la genèse de sa folie. Hitchcock y explore la transgression et la répression sexuelle, posant les bases d’une séquence devenue culte.
Brian De Palma, influencé par Hitchcock, revisite le thème du voyeurisme dans Double body (1984). Jake Scully, un acteur au chômage, accepte de garder la maison d’un ami à Hollywood Hills. Il est rapidement captivé par sa voisine, Gloria (Deborah Shelton), qu’il observe à travers un télescope. Sa fascination se transforme en obsession lorsqu’il découvre que Gloria est également observée par une autre personne aux motivations obscures. Le film explore les dangers de l’illusion et de la construction de fantasmes, soulignant que la réalité est rarement à la hauteur de nos attentes.
Fright Night (1985) offre une approche plus légère du sujet. Charley Brewster (William Ragsdale) découvre que son nouveau voisin, Jerry Dandridge (Chris Sarandon), est un vampire. Personne ne le croit, sauf Peter Vincent (Roddy McDowell), un ancien animateur d’émissions d’horreur. Le film joue sur la curiosité naturelle que l’on ressent envers les nouveaux voisins, et transforme cette curiosité en une lutte contre le mal. Le voyeurisme de Charley est ici récompensé : il parvient à vaincre le vampire et à sauver sa petite amie.
Plus récemment, Watcher (2022) explore l’isolement et la paranoïa. Julia (Maika Monroe), une Américaine expatriée à Bucarest, se sent observée par un inconnu. Ses craintes sont-elles justifiées, ou est-elle victime de son imagination ? Le film, qui rappelle Fenêtre sur cour, met en scène une héroïne confrontée à ses propres angoisses et à la méfiance de son entourage.
Enfin, The Voyeurs (2021) met en scène Sydney Sweeney et Justice Smith dans un thriller érotique où un couple découvre que leurs voisins n’ont pas de rideaux. Leur curiosité se transforme rapidement en obsession, les entraînant dans un jeu dangereux de surveillance et de manipulation. Le film, bien que parfois prévisible, offre un divertissement coupable et explore les limites de l’intimité et de la voyeurisme.
