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The Boo Radleys : Critique de l’album à pas de géant

Publié le 23 novembre 2025 05:00:00. Le groupe de shoegaze britannique The Boo Radleys revient avec Des pas de géant, un album ambitieux qui s'éloigne des étiquettes du genre pour explorer des sonorités plus chaleureuses et orchestrales, marquées…

The Boo Radleys : Critique de l’album à pas de géant

Publié le 23 novembre 2025 05:00:00. Le groupe de shoegaze britannique The Boo Radleys revient avec Des pas de géant, un album ambitieux qui s’éloigne des étiquettes du genre pour explorer des sonorités plus chaleureuses et orchestrales, marquées par la nostalgie et une introspection sur la jeunesse.

  • Des pas de géant se distingue par l’intégration d’instruments à cordes et à vent, tels que le violoncelle, la trompette et le flügelhorn, enrichissant le paysage sonore habituel du shoegaze.
  • L’album est imprégné d’une vague de souvenirs personnels pour le compositeur, Sice, qui évoque ses rêves d’enfance et une crise existentielle à travers des textes poignants.
  • Des collaborations avec d’autres artistes, dont Meriel Barham des Pale Saints, ajoutent une dimension collective et enrichissent l’univers musical de l’album.

Après avoir initialement été perçu comme une déclaration d’intention visant à dépasser les limites du shoegaze avec leur album « Lazarus », The Boo Radleys se retrouve paradoxalement confronté à de nouvelles classifications. Pourtant, Des pas de géant ne s’inscrit pas dans la tradition introvertie et monolithique de ses pairs. L’album propose des murs de guitares colossaux et saturés, particulièrement perceptibles sur des morceaux comme « Leaves and Sand » et « Take the Time Around », ce dernier étant clairement influencé par Bob Mould – le groupe ayant partagé la scène avec Sugar en 1992. « Butterfly McQueen » atteint des sommets de bruit intense, potentiellement capables de provoquer des acouphènes.

Là où Sans amour pouvait sembler impénétrable, presque mécanique dans son rugissement continu, Des pas de géant offre une expérience sonore plus chaleureuse, humaine et communautaire, flirtant parfois avec la symphonie. Le bruit et le larsen sont entrecoupés de mélodies jouées au violoncelle, à la trompette, au flügelhorn, à la clarinette et à un synthétiseur monophonique Casio VL-Tone. Au milieu de « I’ve Lost the Reason », une accumulation dissonante laisse place à des cuivres éclatants et à des chœurs chantant des sha-la-la-la. « Thinking of Ways », avec ses harmonies oniriques, ses arrangements de cuivres complexes et ses guitares tournées vers le ciel, rappelle l’atmosphère de Smile Sessions des Beach Boys, tout en évoquant le style de Ira Kaplan de Yo La Tengo.

L’album est également le fruit de nombreuses collaborations. Meriel Barham des Pale Saints prête sa voix à « Rodney King (Song for Lenny Bruce) », Chris Moore apporte sa touche à la trompette sur « Lazarus », et un « groupe d’amis » participe à l’explosion finale de « The White Noise Revisited ».

Sice, le compositeur du groupe, a expliqué que la création de Des pas de géant a été alimentée par « une vague de souvenirs », des choses auxquelles il n’avait pas pensé depuis des années. Il passait ses nuits à composer, fumant du haschisch népalais (Temple Balls), et cherchant à donner un sens à sa jeunesse. L’album est ainsi le reflet d’un jeune homme de 24 ans, doté d’un talent exceptionnel, qui fait le point sur les débris de son passé et tente de trouver un sens à son existence. La nostalgie transparaît dans « Barney (…and Me) », qui revisite les rêves d’enfance partagés avec son camarade de groupe, tandis que « Lazarus » explore une forme de crise de la trentaine : « Quand je commence à y repenser / J’ai l’impression d’avoir passé toute ma vie à me promener / Et à ne pas m’en soucier », chante Sice. Le refrain, grandiose et dépourvu de paroles, est empli de révélations trop profondes pour être exprimées avec des mots.

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À propos de l’auteur: Antoine Girard

Antoine Girard couvre la culture et le divertissement, du cinéma à la musique en passant par les séries, les livres et les arts visuels. Il cherche à éclairer les œuvres, les tendances et leur réception.