Publié le 5 décembre 2025 à 11h00. L’administration Trump intensifie ses restrictions envers la presse, culminant dans un procès intenté par le New York Times et un changement radical de composition du corps de presse du Pentagone, suscitant des inquiétudes quant à la liberté d’expression.
- Le Pentagone a imposé de nouvelles règles restrictives aux médias, entraînant le retrait de l’accréditation de nombreux journalistes de grands médias américains et internationaux.
- Le New York Times a intenté une action en justice contre le Pentagone, alléguant une violation du premier amendement de la Constitution américaine.
- De nouveaux correspondants, souvent issus de médias conservateurs, ont pris la place des journalistes traditionnels lors des briefings du Pentagone.
La tension entre l’administration Trump et la presse s’est exacerbée ces derniers mois, avec une série de mesures visant à limiter l’accès des journalistes aux informations et aux responsables gouvernementaux. Cette nouvelle escalade, centrée sur le Pentagone, soulève des questions fondamentales sur la transparence et la liberté de la presse aux États-Unis.
La nouvelle réglementation du Pentagone, présentée le 6 octobre sous la forme d’un document de 21 pages, impose des limitations strictes sur l’accès physique aux installations militaires et sur l’utilisation des sources. Elle exige également que les journalistes accrédités obtiennent l’autorisation des responsables du Pentagone avant de demander ou de publier certaines informations, sous peine de perdre leur accréditation. Cette exigence a été massivement rejetée par les journalistes, conduisant à la révocation de l’accréditation de correspondants de médias tels que le Washington Post, le New York Times, CNN, CBS, FoxNews, ABC, ainsi que d’agences de presse comme l’AFP, Reuters et AP.
Le retrait de ces accréditations a laissé le champ libre à de nouveaux correspondants, souvent issus de médias conservateurs ou de plateformes en ligne alternatives. Lors du premier briefing du Pentagone depuis l’application de ces nouvelles règles, le 2 décembre, la salle de presse était occupée par des influenceurs, des blogueurs et des journalistes de ces nouveaux médias. Parmi eux figuraient Laura Loomer, une personnalité controversée, Matt Gaetz, ancien membre du Congrès républicain, et Lance Johnston, de l’organisation d’extrême droite « Fearless Media ». Certains de ces nouveaux accrédités se sont même vantés sur les réseaux sociaux d’occuper les anciens bureaux des journalistes chevronnés. Lance Johnston a notamment écrit sur X (anciennement Twitter) : « Washington Post, c’est agréable d’être assis à votre ancien bureau au Pentagone. Amusez-vous dehors ». Un tweet de Timcast News illustre également ce changement de paysage médiatique.
Face à cette situation, le New York Times a intenté un procès devant le tribunal de district des États-Unis à Washington, accusant le Pentagone de « violation des droits constitutionnels des journalistes » et de transgression du premier amendement de la Constitution américaine, qui garantit la liberté de presse et d’expression. Le journal affirme que la nouvelle politique vise à « restreindre la capacité des journalistes à faire ce qu’ils ont toujours fait : poser des questions aux employés du gouvernement et recueillir des informations pour informer le public au-delà des déclarations officielles ». Le New York Times demande au tribunal d’empêcher le Pentagone d’appliquer cette politique et de déclarer les dispositions relatives à l’exercice des droits du premier amendement contraires à la loi.
Ces mesures interviennent alors que le Pentagone joue un rôle central dans la politique étrangère de l’administration Trump, notamment en ce qui concerne la pression exercée sur le régime de Nicolás Maduro au Venezuela et la surveillance accrue des activités maritimes dans les Caraïbes. Le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, est particulièrement surveillé dans ce contexte.
Il convient de rappeler que le Pentagone avait déjà exclu huit médias, dont le New York Times, le Washington Post et CNN, de ses bureaux en début d’année et réduit le nombre de conférences de presse. En janvier, l’Associated Press avait également poursuivi le gouvernement après que ses journalistes et photographes se soient vus interdire d’assister à des événements dans le bureau ovale et à bord d’Air Force One, suite à leur refus de se conformer à un décret présidentiel visant à renommer le Golfe du Mexique en Golfe d’Amérique. L’agence de presse a fait valoir que le gouvernement ne pouvait pas la punir pour avoir exercé son droit à la liberté d’expression, et les litiges à ce sujet sont toujours en cours.
L’hostilité du président Trump envers les grands médias s’est traduite par plusieurs affrontements juridiques, notamment concernant l’accès aux bâtiments fédéraux. Ces événements récents marquent une nouvelle étape dans la confrontation entre l’administration et la presse, avec des implications potentiellement importantes pour la liberté d’information et le rôle des médias dans une démocratie.
Pour aller plus loin
- L’enquête émiratie évoque une tentative d’attentat-suicide le 30 septembre 2026
- NAZA : une sortie cinéma très courte en France pour toucher un large public
- Donald Trump suggère de rebaptiser un océan en son nom ou celui des Amériques (nouvelles-du-monde.com)
- EN DIRECT, guerre en Ukraine : face à Donald Trump, qui réclame « un nouveau président » à Kiev, le Royaume-Uni assure Volodymyr Zelensky de sa « totale solidarité » (lederniereheure.com)