Glasgow se dévoile à travers les objectifs de plusieurs générations de photographes dans une nouvelle exposition à la Galerie d’Art Moderne (GoMA). L’exposition « Still Glasgow », ouverte jusqu’au 13 juin 2027, retrace les mutations de la ville, de son essor industriel à ses périodes de déclin, en passant par ses renaissances, à travers 80 clichés marquants.
L’une des images les plus emblématiques de Glasgow, « Beatle Girl », capturée au milieu des années 1960 par Joseph McKenzie, témoigne de la vie dans les quartiers défavorisés de Gorbals. La photographie représente une jeune fille souriante, vêtue d’une robe usée et tenant une canne, aux côtés d’une autre jeune femme portant une robe ornée des visages des Beatles. Cette image, à l’instar des clichés de rue d’Oscar Marzaroli, a contribué à définir l’identité singulière de Glasgow : ses immeubles victoriens, son caractère rude et sa résilience.
L’exposition explore les multiples facettes de la ville, de la musique à l’art en passant par l’activisme et le football, sans oublier les traditions locales comme le « Gobstopper », immortalisé dans une vidéo de 2000 par Roderick Buchanan, où deux adolescents tentent de retenir leur souffle le plus longtemps possible dans le tunnel du Clyde.
Plusieurs artistes exposés partagent leur regard sur la ville. Alan Dimmick se souvient d’un concert secret de Franz Ferdinand :
« Les lumières ont sauté dès que Franz Ferdinand a commencé à jouer. »
Alan Dimmick
Il décrit la scène musicale de Glasgow comme authentique et sans prétention :
« Down to earth, no airs and graces. »
Alan Dimmick
David Eustace, quant à lui, a cherché à immortaliser une époque de grands changements dans les années 1990, en photographiant des artistes de rue :
« Je ne sais pas qui ils sont. Leurs noms ont été perdus dans un incendie. »
David Eustace
Il explique :
« Ces étrangers ont joué un rôle important dans ma vie. »
David Eustace
Iseult Timmermans a documenté la démolition des tours Red Road, construites dans les années 1960 et symboles d’un idéal brutaliste d’habitat utopique. Elle a photographié chaque étage, chaque palier, chaque vue, juste avant leur destruction, réalisant 330 clichés :
« J’ai décidé de capturer mon expérience. »
Iseult Timmermans
Elle souligne que son travail offre une perspective unique sur ces bâtiments emblématiques et sur l’histoire de l’accueil des demandeurs d’asile à Glasgow.
Jane Evelyn Atwood a photographié le Great Eastern Hotel en 1994, un ancien hôtel de luxe devenu foyer pour sans-abri. Elle raconte :
« Ils étaient hors de combat avant 10 heures du matin. »
Jane Evelyn Atwood
Elle décrit les conditions de vie difficiles et l’alcoolisme sévère des résidents, regrettant le sort réservé à ces personnes abandonnées.
Joanne Tatham et Tom O’Sullivan ont travaillé sur une série de portraits d’artistes dans leurs ateliers, capturant l’atmosphère créative des années 1990 :
« Être partie de cette scène était très cool. »
Joanne Tatham et Tom O’Sullivan
Madelon Hooykaas et Elsa Stansfield ont réalisé une vidéo en 1975, invitant les habitants à répondre à la question « Qu’est-ce que Glasgow pour vous ? ». Bien que la vidéo ait été perdue, les photographies associées subsistent.
Matthew Arthur Williams a photographié Charlie Prodger avant qu’elle ne remporte le prix Turner en 2018 :
« Je veux que les gens se sentent à l’aise avec la façon dont ils sont représentés. »
Matthew Arthur Williams
Il souligne l’importance de la communauté artistique de Glasgow, où la collaboration et le partage sont essentiels.
Enfin, Khansa Aslam a revisité le parc de Maxwell, où elle a passé son enfance dans les années 1980 et 1990, et a photographié des enfants jouant sur un manège, en hommage à ses racines asiatiques et à l’histoire multiculturelle de Glasgow :
« Mon image du parc de Maxwell est un rappel des bons moments passés en famille. »
Khansa Aslam
Keith Ingham, arrivé à Glasgow il y a 50 ans, témoigne de l’évolution de la ville, marquée par les difficultés des années 1970 et la fierté retrouvée dans les années 1980, notamment grâce à l’organisation du festival des jardins et à l’obtention du titre de Capitale européenne de la culture en 1990.