Home Divertissement« The Sound of Music » présente quelques défauts, mais une durabilité remarquable

« The Sound of Music » présente quelques défauts, mais une durabilité remarquable

by Antoine Girard

Publié le 9 janvier 2026 à 14h57. La comédie musicale « La Mélodie du bonheur », actuellement présentée à l’Opéra de Boston, conserve un attrait indéniable malgré ses faiblesses intrinsèques, portée par une distribution solide et une mise en scène soignée.

  • Cayleigh Capaldi, dans le rôle de Maria, offre une interprétation remarquable, alliant une voix émouvante à un talent pour la comédie physique.
  • La production, signée Jack O’Brien, parvient à maintenir l’intérêt du public malgré un livre (scénario) parfois maladroit et des paroles d’Oscar Hammerstein inégales.
  • L’œuvre, bien que datée, continue de toucher un large public, comme en témoigne sa pérennité sur les scènes du monde entier.

Si « La Mélodie du bonheur » demeure un spectacle populaire, il n’en demeure pas moins que la pièce souffre de quelques imperfections. Le contraste entre les scènes joyeuses et les moments plus sombres, notamment ceux impliquant la menace nazie, peut sembler abrupt. Le dialogue, écrit par Howard Lindsay et Russel Crouse, est souvent artificiel, et les paroles d’Oscar Hammerstein, bien que contenant quelques pépites, manquent parfois de profondeur. L’article original du Boston Globe souligne cette dualité, comparant les paroles de « The Sound of Music » à celles d’« Oklahoma ! », première collaboration entre Hammerstein et Richard Rodgers.

L’auteur du Boston Globe note que la phrase d’ouverture de « The Sound of Music », « Les collines sont vivantes au son de la musique… », sonne générique et forcée, en comparaison avec la lucidité et la grâce de « Tous les sons de la terre sont comme de la musique… », issue d’« Oklahoma ! ». Malgré ces réserves, la pièce conserve une force indéniable, comme le prouve sa capacité à survivre à des adaptations moins réussies, notamment une performance télévisée sur NBC en 2013, jugée décevante par le critique.

Au cœur de cette production, Cayleigh Capaldi incarne Maria avec une énergie et une sensibilité remarquables. Elle ne se contente pas de chanter magnifiquement, mais apporte également une dimension physique à son personnage, utilisant ses bras et ses mains pour exprimer la liberté et l’espoir. Kevin Earley, dans le rôle du Capitaine Georg von Trapp, apporte la rigueur nécessaire au personnage, tandis que Christiane Noll, en Mère Abbesse, impressionne par la puissance de sa voix lors de l’interprétation de « Climb Ev’ry Mountain ». Kate Loprest, dans le rôle de la baronne Elsa Schraeder, nuance son personnage d’une subtilité inattendue.

La direction musicale, assurée par Jonathan Marro, soutient avec verve l’orchestre. Nicholas Rodriguez, dans le rôle de Max Detweiler, s’efforce de rendre les répliques du personnage amusantes, même si le texte ne s’y prête pas toujours. Ariana Ferch, en Liesl, l’aînée des enfants von Trapp, et Ian Coursey, en Rolf, son prétendant, offrent également des performances convaincantes.

L’action se déroule en 1938, alors que l’Autriche est menacée par l’annexion allemande, connue sous le nom d’Anschluss. La pièce aborde ainsi des thèmes graves tels que la perte de la liberté et la résistance face à l’oppression. La scène finale, où Georg chante « Edelweiss » avec Maria et les enfants, est particulièrement émouvante, symbolisant le deuil d’un pays sur le point de disparaître.

LA MÉLODIE DU BONHEUR

Musique de Richard Rodgers. Paroles d’Oscar Hammerstein II. Livre de Howard Lindsay et Russel Crouse. Mise en scène de Jack O’Brien. Chorégraphie de Danny Mefford. Présenté par Broadway à Boston. Au Citizens Opera House, Boston. Jusqu’au 18 janvier. Les billets commencent à 40 $. www.BroadwayInBoston.com

Don Aucoin peut être contacté à [email protected]. Suivez-le sur @GlobeAucoin.

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