Home NouvellesThéâtre : le FITUC, quatre décennies de scène et une jeunesse sans frontières

Théâtre : le FITUC, quatre décennies de scène et une jeunesse sans frontières

by Nicolas Lefèvre
La longévité d'un modèle universitaire mondial

La 38e édition du Festival international du théâtre universitaire de Casablanca (FITUC) s’ouvre ce samedi 4 juillet 2026. Organisé par la Faculté des Lettres et des Sciences humaines Ben M’Sick de l’Université Hassan II, l’événement réunit onze troupes de six pays pour promouvoir une dynamique culturelle transfrontalière entre les jeunesses euro-africaine et atlantique.

La longévité d’un modèle universitaire mondial

Fondé en 1988, le FITUC s’est imposé comme un pilier de la scène étudiante. Selon les organisateurs, il s’agit du deuxième plus ancien festival international de théâtre universitaire au monde à avoir maintenu ses activités sans interruption depuis sa création. Cette continuité témoigne, d’après Leïla Meziane, doyenne de la faculté et présidente du festival, de la capacité de l’université marocaine à transmettre et développer un patrimoine culturel à travers les générations.

La longévité d'un modèle universitaire mondial
Photo: libe.ma

Le théâtre universitaire, dans ce contexte, ne se limite pas à une activité parascolaire. Il fonctionne comme un laboratoire de création où les étudiants explorent des formes dramatiques novatrices, loin des impératifs commerciaux du théâtre professionnel. En maintenant ce rendez-vous pendant près de quatre décennies, la Faculté Ben M’Sick a transformé l’espace académique en un lieu de médiation culturelle.

Le festival ne se contente pas de sa longévité. Il s’inscrit dans une volonté de rayonnement culturel pour Casablanca, notamment dans la perspective des échéances internationales prévues à l’horizon 2030, période durant laquelle le Maroc entend consolider son attractivité et son infrastructure événementielle.

Une programmation entre rives méditerranéennes et atlantiques

L’édition 2026 se concentre sur l’interaction entre les jeunesses euro-africaines et atlantiques. Sous la direction artistique de Hicham Zine El Abidine, le programme propose onze pièces théâtrales en compétition, issues de divers horizons géographiques et culturels.

L’accent mis sur l’axe atlantique reflète l’orientation stratégique actuelle du Maroc, qui cherche à renforcer ses liens avec les nations bordant l’océan Atlantique et à se positionner comme un pont entre l’Afrique et l’Europe. La diversité des délégations souligne l’ambition transfrontalière de l’événement :

  • Europe et périphéries : Italie, Espagne (représentée par Madrid et les îles Canaries) et Arménie.
  • Monde arabe : Égypte, Tunisie et Palestine.

Le Maroc mobilise plusieurs de ses institutions académiques de renom pour cette 38e édition. Sont représentés l’Institut supérieur d’art dramatique et d’animation culturelle (ISADAC), l’établissement de référence pour la formation professionnelle des comédiens et metteurs en scène au Maroc, l’École nationale de commerce et de gestion (ENCG) de Casablanca, ainsi que les universités de Fès et de Tanger et la Faculté Ben M’Sick.

L’atelier permanent comme outil d’inclusion sociale

Le FITUC dépasse le cadre strict des représentations scéniques pour adopter une mission d’intégration sociale. L’une des innovations majeures de cette édition est la mise en place d’un atelier permanent de théâtre.

L'atelier permanent comme outil d'inclusion sociale
Photo: laverite.ma

Cette structure n’est pas réservée aux seuls étudiants de l’Université Hassan II. Elle s’ouvre également aux jeunes résidant dans les quartiers périphériques de l’université. En brisant les barrières entre le campus et la ville, le festival combat l’isolement culturel et social. L’objectif affiché par la présidence du festival est de transformer la pratique théâtrale en un levier de dialogue et de découverte de nouveaux talents, renforçant ainsi le rôle de l’université en tant qu’institution citoyenne ouverte sur son environnement social.

Cette approche transforme la scène en un espace d’expression pour des populations souvent marginalisées, permettant aux jeunes des quartiers populaires d’accéder à des outils de création artistique et de communication.

Hommages et réflexion sur les mutations du théâtre

En parallèle des concours, le festival intègre une dimension académique et mémorielle. Un colloque international est organisé pour analyser les mutations actuelles du théâtre universitaire. Les débats portent sur le rôle de cet art dans le développement de l’esprit critique et de la sensibilité esthétique chez les jeunes, ainsi que sa contribution à la cohésion sociale face aux défis humains contemporains.

Hommages et réflexion sur les mutations du théâtre
Photo: Le Matin.ma

Le festival rend également hommage à quatre figures ayant marqué le paysage culturel et institutionnel :

  • Hassan Smili : Fondateur du festival et premier doyen de la faculté, dont la vision a permis l’institutionnalisation du FITUC.
  • Mohamed El Jem : Comédien et dramaturge emblématique du théâtre marocain, reconnu pour son influence sur les générations d’artistes nationaux.
  • Sanaa Rahimi : Journaliste reconnue pour son engagement dans la promotion artistique et la couverture des arts vivants.
  • Abdelatif El Mortaji : Secrétaire général de la faculté, acteur clé de la gestion administrative et logistique du festival.

Cette articulation entre compétition, formation et réflexion intellectuelle positionne le FITUC non plus comme un simple événement saisonnier, mais comme une plateforme d’échange diplomatique et culturel. En connectant des troupes de Palestine, d’Arménie ou d’Espagne, le festival utilise la scène comme un espace neutre de dialogue pour une jeunesse confrontée à des frontières physiques et politiques, transformant l’expression artistique en un langage universel de compréhension mutuelle.

Find more reporting in our Nouvelles section.

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.