Home AffairesTraité de « nazi », cible de fake news… Friedrich Merz, ennemi public numéro un en Russie

Traité de « nazi », cible de fake news… Friedrich Merz, ennemi public numéro un en Russie

by Amélie Bernard

Publié le 19 décembre 2025 à 00h12. L’Allemagne, sous l’impulsion de son chancelier Friedrich Merz, prend une place de plus en plus prééminente dans le soutien à l’Ukraine, s’affranchissant d’une certaine tradition de prudence diplomatique et devenant, aux yeux de certains, le principal adversaire européen de Vladimir Poutine.

Le chancelier allemand Friedrich Merz déploie une énergie considérable sur la scène internationale pour consolider le soutien à l’Ukraine. Sa détermination est telle que, selon un diplomate, « l’Allemagne s’émancipe de son rôle de ‘grosse Suisse’, prompte à faire du business mais peu encline à assumer des responsabilités en Europe ». Cette nouvelle posture a été saluée par les dirigeants de l’OTAN, qui ont accueilli favorablement les garanties de sécurité obtenues auprès des États-Unis pour renforcer la ligne de front ukrainienne.

La réussite d’un récent sommet à Berlin, où il a posé aux côtés de Volodymyr Zelensky et d’Emmanuel Macron, a symbolisé cette prise de responsabilité accrue. Un sommet dont l’issue positive a été largement attribuée à son action.

L’Allemagne, moins contrainte par les dettes et les problèmes intérieurs que la France ou le Royaume-Uni, assume désormais le leadership du format E3, un groupe informel destiné à répondre aux initiatives de l’administration Trump et aux provocations russes. Selon le journal suisse Neue Zürcher Zeitung, « Friedrich Merz endosse un rôle que les chanceliers allemands ont longtemps esquivé : celui du principal adversaire européen de Vladimir Poutine. Il le fait moins par soif de pouvoir personnel que par pure nécessité. »

« Friedrich Merz est en train d’endosser un rôle que les chanceliers allemands ont longtemps esquivé : celui du principal adversaire européen de Vladimir Poutine. »

Neue Zürcher Zeitung

Cette attitude offensive ne passe pas inaperçue à Moscou. Friedrich Merz est régulièrement la cible de campagnes de dénigrement orchestrées par la propagande russe, qui le qualifie de « nazi » et accuse l’Europe de voir ressusciter le national-socialisme. Il est au centre d’une campagne de désinformation menée par les trolls du Kremlin. Des faux dossiers médicaux circulent, le présentant comme instable psychologiquement, tandis que d’autres accusations infondées, comme celle d’avoir tué des oursons lors d’une chasse au Canada, sont diffusées. Un faux site web a même affirmé que son gouvernement souhaitait accueillir un nombre accru de réfugiés en Allemagne.

Selon des sources diplomatiques et sécuritaires russes, Merz est désormais considéré comme l’ennemi numéro un de Moscou.

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