Publié le 28 septembre 2025 14:19:00. L’ancien président philippin Rodrigo Duterte, actuellement détenu par la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye, aurait fait l’objet d’une vérification de son état de santé ordonnée par le gouvernement philippin, selon des déclarations récentes. Cette situation a suscité des réactions vives de la part de sa famille et de son équipe juridique, qui dénoncent une instrumentalisation politique.
- L’ancien sénateur Antonio Trillanes IV aurait été envoyé par le gouvernement philippin pour évaluer l’état de santé de Rodrigo Duterte à La Haye.
- L’avocat de Duterte affirme que son client a perdu connaissance après un incident en prison et a été hospitalisé pour des examens.
- L’équipe juridique de Duterte accuse le gouvernement actuel de contradictions concernant son soutien à la CPI.
La vice-présidente Sara Duterte a publiquement critiqué le gouvernement pour ces « visites de courtoisie » auprès de son père, affirmant qu’il avait été soumis à des examens médicaux après avoir été retrouvé inconscient. Selon elle, l’envoi de l’ancien sénateur Antonio Trillanes IV pour vérifier l’état de santé de l’ancien président est particulièrement troublant.
Paolo Duterte, représentant du 1er district de Davao City, a déclaré que Trillanes avait été mandaté par le gouvernement philippin pour cette mission. Il a même mis en garde Trillanes contre les risques encourus et l’a exhorté à retourner aux Philippines pour répondre à des accusations en cours. Il s’est interrogé avec ironie :
« Est-ce donc Trillanes qui a été envoyé par le gouvernement toxicomane pour vérifier le bien-être de PRRD ? »
L’avocat de Rodrigo Duterte, Nicholas Kaufman, a confirmé que son client avait subi « plusieurs incidents » en détention, dont un qui l’a conduit à perdre connaissance et à être hospitalisé pour des examens approfondis concernant d’éventuelles lésions crâniennes et cérébrales. Kaufman a souligné que Duterte est « fatigué » par sa détention et souffre de problèmes de santé liés à son âge avancé.
Kaufman a également accusé l’administration Marcos de contradictions flagrantes. Il a affirmé que des représentants du gouvernement avaient effectué une visite au centre de détention de la CPI sous prétexte de se soucier du bien-être de Duterte, alors que, selon lui, le président Ferdinand Marcos Jr. avait assuré en décembre dernier qu’il n’apporterait aucun soutien à la CPI,
« sous aucune forme ou manière. »
Kaufman a vivement critiqué Clarissa Castro, l’officier de presse de Malacañang, pour avoir « manipulé les faits » concernant la libération provisoire de l’ancien président.
La défense de Duterte a utilisé une déclaration antérieure de Castro, dans laquelle elle suggérait que la vice-présidente Sara Duterte pourrait bénéficier de ses voyages à l’étranger en raison de l’intérêt d’un pays tiers pour accueillir son père, pour appuyer ses arguments. Kaufman a conclu en demandant à Castro d’expliquer comment son administration pouvait, après avoir affirmé son absence de soutien à la CPI, « éjecter l’ancien président de son propre pays, lui refusant son droit constitutionnel à une audience judiciaire aux Philippines ».