Publié le 24 septembre 2023 14:52:00. Une étudiante de première année relate son expérience inattendue de vivre dans un dortoir triple, une situation inconfortable qui s’est transformée en une source d’amitié et d’adaptation.
L’idée de l’équilibre, de la symétrie, de l’ordre par deux est profondément ancrée dans notre perception du monde. Des molécules aux chaussures, en passant par les arguments, la règle des deux semble omniprésente. Pourtant, pour Samika Jain, étudiante en biologie moléculaire et cellulaire, cette règle a été remise en question dès son arrivée à l’université.
Le 17 août dernier, Samika s’attendait à trouver un dortoir confortable, un “havre minimaliste”, comme elle l’avait imaginé sur son tableau d’inspiration. Au lieu de cela, elle a découvert un triple : trois lits, trois bureaux, trois commodes entassés dans un espace conçu pour deux. Une situation pour le moins inattendue.
Vivre à trois dans un espace restreint présente des défis considérables. « Combien d’espace peuvent partager trois étrangers avant de perdre leur santé mentale ? » se demande Samika. Les horaires de douche, les réveils matineux, les séances d’étude tardives et le manque d’intimité sont autant de sources de tension potentielles. La question de la répartition des tâches ménagères, notamment le nettoyage de la salle de bain, ajoute une couche de complexité à la vie quotidienne.
Les premières semaines ont été marquées par une certaine maladresse. Les conversations en anglais, espagnol et hindi se chevauchaient, les horaires de douche se croisaient, et les nuits étaient perturbées par le bruissement des manuels de chimie organique. L’intimité était un luxe rare.
Pourtant, au fil du temps, un esprit de camaraderie a commencé à se développer. De petites attentions, comme une portion supplémentaire de frites ramenée de la cafétéria, des tasses de tisane préparées pour lutter contre la grippe de première année, ou une décoration festive de guirlandes lumineuses, ont contribué à créer un sentiment de communauté. Les soirées d’étude se sont transformées en moments de rire, les repas partagés en occasions de découverte, et les marathons de films Disney en souvenirs communs.
« Quelque part entre les séances d’étude de fin de soirée qui se sont toujours transformées en rires, des bols partagés de Buldak Tteokbokki dans le salon de l’étude, des marathons de films Disney et la folie d’un mois de salle de bain en profondeur, je peux oser suggérer que nous sommes tombés en quelque chose comme un rythme », confie Samika.
Finalement, Samika en est venue à la conclusion que la règle des deux n’est pas toujours applicable. Parfois, la magie opère à trois. Cette cohabitation forcée, bien que désordonnée et exigeante, s’est avérée plus stable et plus solide qu’un duo. Son dortoir, loin de l’idéal initial, est devenu un véritable foyer.
Samika Jain est une étudiante de première année originaire de Mumbai, en Inde, spécialisée en biologie moléculaire et cellulaire.
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