Trois glaciers du sud-ouest de la Colombie-Britannique risquent de disparaître complètement d’ici quelques décennies en raison de l’inaction face au changement climatique. Une nouvelle étude publiée dans la revue Annals of Glaciology indique que le glacier de Whistler pourrait s’éteindre d’ici dix ans après avoir perdu 95 % de sa superficie.
L’urgence climatique frappe de plein fouet les reliefs de l’Ouest canadien. La chercheuse principale Chloé Monty qualifie l’ampleur de ce recul de choquante après l’analyse comparative de documents visuels historiques.
Un état critique pour le glacier de Whistler et ses voisins
Le glacier de Whistler se trouve dans une situation particulièrement alarmante. Les observations menées par l’équipe universitaire démontrent que cette masse de glace a perdu 95 % de sa superficie au cours des cinq dernières décennies. Ce rétrécissement extrême a fracturé le glacier en trois masses distinctes. Pour les scientifiques, il pourrait cesser d’exister d’ici une décennie.
Les pertes touchent également les glaciers Horstman et Blackcomb. Ces derniers ont vu leur superficie fondre de 75 % sur la même période de cinquante ans. Les projections climatiques estiment qu’ils pourraient disparaître totalement d’ici trois à sept décennies.
À mesure que la surface diminue, les seuils requis pour conserver le statut de glacier ne sont plus atteints. La chercheuse principale note qu’un tel corps de glace est techniquement un glacier relique, ouvrant un débat parmi les experts sur la terminologie à adopter face à ces vestiges gelés.
La fin du ski d’été et la mutation du tourisme alpin
Les glaciers de Whistler et de Horstman ont accueilli pendant des décennies des sessions de ski estivales très prisées par les passionnés et les athlètes. L’exploitation de ces couloirs de neige avait débuté dans les années 1980 sur le glacier Horstman.
Les activités sur le glacier de Whistler ont cessé dès la fin des années 1990, tandis que la suspension du ski sur le glacier Horstman a été prononcée pour une durée indéterminée l’année dernière.
Malgré ces fermetures, le secteur du tourisme démontre une capacité d’adaptation commerciale. Les exploitants misent désormais sur le vélo de montagne et d’autres disciplines estivales pour compenser le vide laissé par la disparition des neiges éternelles.
L’inertie climatique et le défi de l’avenir
Pour la communauté scientifique, la disparition des glaciers du sud-ouest de la province est actée. Il n’y a plus de retour en arrière possible pour ces sites précis. Les chercheurs rappellent que le climat réagit avec lenteur et que la situation actuelle reflète les bouleversements atmosphériques des décennies passées.
C’est sans aucun doute une histoire très triste. Mais cela ne signifie pas qu’il n’y a rien que nous puissions faire dès maintenant pour réduire nos émissions de carbone, ce qui contribuerait à empêcher la disparition de glaciers plus imposants ainsi que celle des calottes glaciaires, qui contribueraient probablement de manière plus significative à l’élévation du niveau de la mer.
Chloé Monty, chercheuse principale de l’étude
La préservation des plus grands glaciers du Canada et du reste de la planète dépend directement d’une action politique et industrielle vigoureuse pour réduire les émissions polluantes. Les auteurs de l’étude appellent ainsi à considérer ce cas d’école comme un avertissement déterminant pour les décennies à venir.