Publié le 26 novembre 2025 11:47:00. Un technicien de service a été injustement licencié par une entreprise de prévention des incendies pour avoir demandé à ses clients de lui accorder un moment de prière, a jugé le tribunal de Hollande-du-Nord. L’affaire met en lumière les limites de la liberté religieuse sur le lieu de travail et a donné lieu à une indemnisation de près de 19 000 euros.
- Le tribunal de Zaandam a reconnu une discrimination interdite fondée sur la religion.
- L’entreprise de prévention des incendies devra verser au technicien licencié une indemnité totale de près de 19 000 euros.
- L’incident s’est produit après que le technicien ait demandé à ses clients de lui permettre de prier pendant ses interventions.
Un technicien de service de 34 ans a vu son contrat de travail rompu après seulement quatre jours d’activité chez une entreprise de prévention des incendies basée à Zaandam. L’employeur lui reprochait d’avoir exprimé son besoin de prier une à deux fois par jour et d’avoir sollicité ses clients pour disposer d’un espace dédié à cet effet. Lors d’une intervention chez un éleveur porcin, il avait également précisé qu’il ne pouvait pas travailler à proximité des animaux, ce qui a été perçu comme une contrainte inacceptable.
L’entreprise avait justifié son licenciement par le fait qu’elle ne souhaitait pas imposer de telles demandes à ses clients. Elle avait proposé au technicien de prier dans le bus de l’entreprise pendant sa pause, une offre qu’il aurait refusée. De plus, l’entreprise soulignait que de nombreux clients dans la région étaient des éleveurs de porcs, et que d’autres techniciens pourraient être réticents à intervenir chez eux, entraînant ainsi une inefficacité et des temps de trajet plus longs.
Le technicien, estimant avoir été injustement licencié en raison de ses convictions religieuses, avait saisi la justice. Son employeur, de son côté, affirmait qu’il n’y avait pas eu de discrimination et qu’il n’aurait pas embauché le technicien s’il avait été informé de ses pratiques religieuses lors de sa candidature. L’entreprise le décrivait également comme inflexible.
Le tribunal de district de Zaandam a donné raison au technicien, comme le révèle le jugement rendu public hier. Les juges ont estimé qu’il s’agissait d’une « discrimination interdite fondée sur la foi ». En conséquence, l’entreprise de prévention des incendies devra verser au technicien de service diverses indemnités.
Ces indemnités comprennent 81 euros d’indemnité de transition, près de 3 900 euros de salaire correspondant à son préavis, et une « indemnité équitable » de 15 000 euros pour licenciement abusif. Le montant total de l’indemnisation s’élève donc à près de 19 000 euros après seulement trois jours de travail.