Publié le 2 octobre 2025 13:46:00. Face à l’impasse budgétaire qui paralyse Washington, l’administration Trump envisage des réductions massives d’emplois dans la fonction publique, une stratégie destinée à faire pression sur les démocrates pour mettre fin à la fermeture partielle du gouvernement.
- L’administration Trump étudie la possibilité de supprimer « des milliers » de postes de fonctionnaires fédéraux.
- Les républicains accusent les démocrates d’être responsables de la crise budgétaire et de la fermeture du gouvernement.
- La fermeture du gouvernement affecte déjà le financement de projets d’infrastructure et d’énergie propre, notamment dans l’État de New York.
La Maison Blanche a annoncé qu’elle envisage de réduire significativement les effectifs de la fonction publique, une mesure présentée comme un moyen de forcer les démocrates à négocier un accord budgétaire. Le secrétaire de presse, Levitt, a indiqué que des « milliers » de suppressions de postes pourraient être envisagées, précisant que l’équipe de la Maison Blanche travaille à identifier les agences et les programmes concernés. Selon l’administration, les coupes budgétaires viseraient en particulier les organismes gouvernementaux jugés inefficaces ou gaspillant l’argent des contribuables.
Le président Trump a lui-même évoqué cette possibilité sur les réseaux sociaux, affirmant qu’il était en train de déterminer quelles institutions devraient être réduites et si ces coupes seraient temporaires ou permanentes. Les républicains soutiennent cette approche, estimant que les démocrates sont les seuls responsables de la situation actuelle. Le président républicain de la Chambre des représentants, Johnson, a déclaré que Trump avait le pouvoir de licencier du personnel et de réduire les dépenses pendant la fermeture du gouvernement, jugeant sa réaction justifiée.
Cependant, des experts du budget soulignent qu’il est illégal de dépenser de l’argent pour mettre en œuvre des réductions de personnel permanentes pendant une fermeture du gouvernement. La Maison Blanche a averti qu’une annonce pourrait être faite le 2 octobre, mais cette possibilité reste incertaine. Parallèlement, la fermeture du gouvernement commence déjà à avoir des conséquences concrètes, avec l’interruption du financement de projets d’infrastructure à New York et de projets d’énergie propre, dont certains avaient été promis par la candidate démocrate Kamala Harris lors de l’élection présidentielle de 2024.
Les négociations budgétaires restent bloquées, les démocrates réclamant notamment le maintien des subventions du système d’assurance maladie Obamacare et la prise en compte d’autres priorités. Le secrétaire au Trésor, Bescent, a critiqué la position des démocrates, les accusant de négocier « comme des terroristes ». Les républicains, quant à eux, insistent pour l’adoption d’un budget « propre », c’est-à-dire sans conditions supplémentaires.
La fermeture du gouvernement devrait se prolonger pendant plusieurs jours. Aucune des deux chambres du Congrès n’a prévu de vote pour le moment, le 2 octobre coïncidant avec le Yom Kippour, le jour du Grand Pardon dans la religion juive. Le Sénat devrait reprendre ses travaux le 3 octobre, mais il n’est pas certain que des délibérations aient lieu ce week-end. La Chambre des représentants restera suspendue jusqu’au 7 octobre.

Directeur du Bureau de la gestion et du budget des États-Unis (OMB)
Photographe: Jim Lo Scalzo / EPA / Bloomberg