Publié le 29 novembre 2025 à 22h18. L’escalade des tensions entre les États-Unis et le Venezuela s’intensifie, marquée par des manœuvres militaires américaines dans les Caraïbes et une annonce controversée de Donald Trump concernant la fermeture de l’espace aérien vénézuélien, plongeant le pays dans une crise aérienne.
- Le président américain Donald Trump a annoncé la fermeture de l’espace aérien « au-dessus » et « autour » du Venezuela.
- Le Venezuela dénonce une « menace colonialiste » visant à affecter sa souveraineté.
- Le trafic aérien au Venezuela est gravement perturbé suite à une alerte de l’autorité aéronautique américaine.
La situation au Venezuela s’envenime alors que les États-Unis intensifient leur présence militaire dans la région des Caraïbes. Des milliers de soldats et le plus grand porte-avions de guerre américain ont été déployés, suscitant des inquiétudes quant aux intentions de Washington. Samedi, Donald Trump a pris une décision radicale en annonçant la fermeture de l’espace aérien vénézuélien, une mesure qui pourrait avoir des conséquences majeures sur le transport aérien international.
Dans un message publié sur son réseau social Truth Social, le président Trump a déclaré :
« À toutes les compagnies aériennes, pilotes, trafiquants de drogue et trafiquants d’êtres humains : nous vous demandons de considérer que l’espace aérien au-dessus du Venezuela et de ses environs restera complètement fermé. »
Caracas a réagi avec fermeté à cette annonce, dénonçant une « menace colonialiste » et une « agression extravagante, illégale et injustifiée ». Le ministère vénézuélien des Affaires étrangères a affirmé que cette action visait à porter atteinte à la souveraineté de son espace aérien.
La Maison Blanche n’a pas immédiatement commenté cette situation. Il reste incertain comment la fermeture de l’espace aérien vénézuélien sera mise en œuvre. Selon le New York Times, Donald Trump n’a pas l’autorité légale de fermer l’espace aérien vénézuélien, mais son annonce pourrait dissuader les compagnies aériennes de survoler ou d’atterrir au Venezuela.
Cette annonce intervient dans un contexte de tensions croissantes entre les deux pays. Washington justifie son déploiement militaire par la nécessité de lutter contre le trafic de drogue vers les États-Unis. Cependant, le Venezuela et de nombreux observateurs estiment que l’objectif réel est de provoquer un changement de gouvernement à Caracas.
Depuis début septembre, la marine américaine a intercepté une vingtaine de bateaux soupçonnés de trafic de drogue, principalement dans les Caraïbes et le Pacifique. Ces opérations ont fait plus de 80 morts, ce qui a suscité des critiques de la part d’organisations de défense des droits de l’homme, qui dénoncent des « exécutions extrajudiciaires » violant le droit international.
Parallèlement, le trafic aérien au Venezuela est déjà gravement affecté depuis une semaine, suite à une alerte émise par l’autorité aéronautique américaine (FAA). La FAA a recommandé aux compagnies aériennes de faire preuve de prudence lors de leurs opérations dans l’espace aérien vénézuélien, en raison d’une « détérioration de la situation sécuritaire » et d’une « augmentation de l’activité militaire » dans la région.
La FAA a précisé que les menaces potentielles pourraient affecter les avions à toutes les altitudes, y compris pendant les phases d’arrivée, de départ et de survol. Suite à cette alerte, plusieurs compagnies aériennes, dont Iberia, Air Europa, Latam Colombia, Avianca, TAP, Plus Ultra, Turkish Airlines et Gol, ont suspendu leurs vols vers et depuis le Venezuela.
L’Institut national vénézuélien de l’aéronautique civile (INAC) a donné aux compagnies aériennes un délai de 48 heures pour reprendre leurs opérations, sous peine de révocation de leurs droits de trafic. Comme cet avertissement n’a pas été suivi d’effet, l’INAC a révoqué jeudi les droits de trafic aérien de ces compagnies.
Cette situation a entraîné des perturbations importantes pour les passagers, des milliers de personnes étant bloquées au Venezuela et à l’étranger. Le nombre de vols à destination et en provenance du Venezuela a diminué de 24,7 %, passant de 105 à 79 par semaine, selon l’agence espagnole EFE.
Les destinations encore desservies par des vols commerciaux sont le Mexique (Sainte-Lucie et Cancún), la Colombie (Bogotá), le Panama, le Pérou (Lima), Curaçao, Cuba (La Havane), Saint-Vincent-et-les Grenadines et la Barbade. La compagnie publique vénézuélienne Conviasa propose également des vols vers la Chine (Canton), la Russie (Moscou et Saint-Pétersbourg) et Varadero (Cuba), selon son site internet.
L’abandon de la plupart des principales compagnies aériennes internationales et la menace de fermeture de l’espace aérien par Trump semblent accentuer l’isolement du Venezuela, qui a déjà perdu plusieurs liaisons aériennes importantes ces dernières années.
Selon les données du portail de surveillance du transport aérien Flightradar24.com, seules quelques poignées d’avions survolaient le Venezuela samedi après-midi, dont un seul vol international de passagers.
Les messages concernant les tensions entre le Venezuela et les États-Unis sont parfois contradictoires. Deux jours avant l’annonce de la fermeture de l’espace aérien, Donald Trump avait menacé de lancer des opérations terrestres « très bientôt » pour arrêter les « trafiquants de drogue » vénézuéliens.
Le New York Times a révélé que le président américain avait eu une conversation téléphonique avec le dirigeant vénézuélien la semaine dernière, évoquant la possibilité d’une rencontre en personne. Cette conversation, à laquelle aurait participé le secrétaire d’État Marco Rubio, aurait eu lieu avant que le Département d’État ne désigne Maduro comme chef du Cartel des Soleils, une « organisation terroriste ».
Cette désignation donne aux forces de l’ordre et aux agences militaires américaines des pouvoirs accrus pour identifier et démanteler cette organisation. Le ministère vénézuélien des Affaires étrangères a rejeté catégoriquement cette désignation, qualifiée d’« invention » par le ministre de l’Intérieur et de la Justice, Diosdado Cabello.
Certains médias américains suggèrent que l’annonce de la fermeture de l’espace aérien pourrait être un prélude à une campagne de bombardements. Selon le New York Times, les cibles initiales pourraient être les installations liées à la drogue utilisées par les cartels colombiens au Venezuela, ou les installations pétrolières, dans le but d’affaiblir l’emprise de Maduro sur le pouvoir.