Washington D.C. est sous le choc après une fusillade qui a grièvement blessé deux membres de la Garde nationale. L’incident, survenu mercredi après-midi, a relancé le débat sur la sécurité et l’accueil des ressortissants afghans aux États-Unis, poussant l’ancien président Donald Trump à exiger un contrôle rigoureux de tous ceux arrivés depuis l’opération de retrait d’Afghanistan.
Selon les premières informations, les deux gardes nationaux, originaires de Virginie-Occidentale, ont été touchés par des tirs vers 14h15. Leur état est jugé critique. Le suspect, identifié comme Rahmanullah Lakanwal, 29 ans, originaire de Bellingham, dans l’État de Washington, a également été abattu par les forces de l’ordre et hospitalisé. Les motifs de l’attaque restent à ce stade inconnus, mais la maire de Washington D.C., Muriel Bowser, a qualifié la fusillade d’« acte ciblé ».
L’affaire a immédiatement suscité une réaction politique forte. Donald Trump a appelé à un « réexamen » de tous les ressortissants afghans admis aux États-Unis sous l’administration Biden, dénonçant un « acte de terreur ». Il a déclaré lors d’un discours mercredi soir que l’Afghanistan était devenu un « enfer ».
En réponse, les services américains de citoyenneté et d’immigration (USCIS) ont annoncé la suspension immédiate du traitement des demandes d’immigration en provenance d’Afghanistan. « Avec effet immédiat, le traitement de toutes les demandes d’immigration concernant des ressortissants afghans est arrêté indéfiniment en attendant un examen plus approfondi des protocoles de sécurité et de contrôle », a indiqué l’agence sur le réseau social X.
Rahmanullah Lakanwal est arrivé aux États-Unis en septembre 2021 dans le cadre du programme « Welcome Allies », mis en place par l’administration Biden pour aider les Afghans ayant collaboré avec les forces américaines face à l’avancée des talibans. Selon un proche de la famille, il a servi pendant dix ans dans l’armée afghane, aux côtés des forces spéciales américaines, notamment dans une base à Kandahar.
« Nous étions ceux qui étaient visés par les talibans en Afghanistan », a confié ce proche à NBC News. « Je ne peux pas croire qu’il puisse faire ça. » Des sources proches de l’enquête ont révélé que Lakanwal avait obtenu l’asile aux États-Unis cette année.
L’administration Trump avait déjà, dans un mémo publié vendredi et révélé mardi par NBC News, demandé un examen de tous les réfugiés admis aux États-Unis sous l’administration Biden, ce qui pourrait concerner jusqu’à 200 000 personnes. Le document critique l’USCIS, estimant que l’administration Biden a « potentiellement privilégié la quantité et la rapidité des admissions au détriment d’entretiens de qualité et de contrôles approfondis ».
Le groupe de défense des droits des Afghans, #AfghanEvac, a souligné que les Afghans réinstallés aux États-Unis sont soumis à des contrôles de sécurité rigoureux. « L’acte isolé et violent de cet individu ne devrait pas être utilisé comme excuse pour stigmatiser ou pénaliser une communauté entière », a déclaré Shawn VanDiver, le président de l’organisation, dans un communiqué.
Depuis le retrait américain d’Afghanistan et la prise de pouvoir des talibans, plus de 80 000 réfugiés afghans ont été réinstallés aux États-Unis. Cependant, un rapport de l’inspecteur général du Département d’État, publié en juin 2023, révélait qu’en mars de la même année, 152 091 demandeurs afghans de « visa d’immigrant spécial » étaient encore en attente de traitement. Ces visas sont destinés aux Afghans ayant travaillé pour les États-Unis.
Sous l’administration Trump, l’accès aux États-Unis avait été fortement restreint pour les Afghans, y compris ceux ayant servi aux côtés de l’armée américaine pendant vingt ans de guerre. Dès son premier jour de mandat, Trump avait suspendu la réinstallation des réfugiés, bloquant ainsi des milliers de personnes dont la réinstallation avait déjà été approuvée.