Publié le 16 janvier 2024 à 20h42. Donald Trump a haussé le ton dans le dossier du Groenland, menaçant d’imposer des droits de douane à des pays qui ne soutiendraient pas une prise de contrôle américaine de l’île, une initiative qui suscite de vives tensions avec le Danemark et les autorités groenlandaises.
- Donald Trump a évoqué la possibilité de sanctions économiques pour forcer des pays à accepter une souveraineté américaine sur le Groenland.
- Une délégation du Congrès américain s’est rendue à Copenhague pour tenter d’apaiser les tensions, tandis que le Premier ministre groenlandais réaffirme son attachement au Danemark et à l’OTAN.
- Les autorités groenlandaises estiment que les menaces actuelles proviennent principalement de la partie américaine.
La volonté affichée par l’administration Trump de contrôler le Groenland, territoire semi-autonome du Danemark, prend une nouvelle dimension avec la menace de sanctions économiques. Le président américain insiste depuis des mois sur l’importance stratégique de l’île arctique, allant jusqu’à déclarer qu’une souveraineté américaine était « inacceptablement » nécessaire.
Lors d’un événement consacré aux soins de santé en milieu rural, M. Trump a révélé qu’il avait déjà menacé ses alliés européens de droits de douane sur les produits pharmaceutiques, et qu’il pourrait en faire de même avec le Groenland.
« Je pourrais le faire aussi pour le Groenland. Je pourrais imposer des droits de douane aux pays s’ils n’acceptent pas le Groenland, car nous avons besoin du Groenland pour notre sécurité nationale. Alors je peux le faire. »
Donald Trump, président américain
Cette annonce constitue une escalade significative dans la rhétorique américaine sur ce dossier.
Cette offensive diplomatique américaine intervient alors qu’une délégation de législateurs américains était en déplacement à Copenhague pour rencontrer des responsables danois et groenlandais. L’objectif affiché était de calmer les tensions, mais les divergences profondes demeurent. Une rencontre entre les ministres des Affaires étrangères du Danemark et du Groenland avec le vice-président américain JD Vance et le secrétaire d’État Marco Rubio, plus tôt cette semaine, avait déjà abouti à la création d’un groupe de travail dont les objectifs restent flous et sujets à interprétation.
Le Danemark et le Groenland ont fermement réaffirmé que la question de la souveraineté du territoire relève exclusivement de leur compétence. Copenhague a d’ailleurs annoncé une augmentation de sa présence militaire au Groenland, en coopération avec ses alliés de l’OTAN.
À Copenhague, le sénateur Chris Coons, à la tête de la délégation américaine, a souligné l’importance de l’alliance entre les États-Unis, le Danemark et le Groenland, parlant de « 225 ans de bons alliés et partenaires de confiance ».
« Nous avons eu un dialogue fort et solide sur la manière dont nous étendrons cela à l’avenir. »
Chris Coons, sénateur américain
La sénatrice Lisa Murkowski a quant à elle insisté sur la nécessité de considérer le Groenland comme un allié et non comme un simple atout stratégique.
« Le Groenland doit être considéré comme notre allié, et non comme un atout, et je pense que c’est ce que vous entendez avec cette délégation. »
Lisa Murkowski, sénatrice américaine
Cependant, le ton de la Maison Blanche contraste fortement avec ces déclarations. M. Trump justifie ses ambitions en évoquant les intérêts de la Chine et de la Russie au Groenland, qui possède d’importantes réserves de minéraux stratégiques. La Maison Blanche n’exclut pas, selon certaines sources, une intervention militaire pour prendre le contrôle du territoire.
Aaja Chemnitz, une politicienne groenlandaise membre du parlement danois, a dénoncé les « mensonges et exagérations » sur les menaces pesant sur le Groenland, estimant que les véritables menaces proviennent actuellement de la partie américaine.
« Nous avons entendu tellement de mensonges, pour être honnête, et tellement d’exagérations sur les menaces contre le Groenland. Et surtout, je dirais que les menaces que nous observons actuellement viennent du côté américain. »
Aaja Chemnitz, politicienne groenlandaise
Le Premier ministre groenlandais, Jens-Frederik Nielsen, a clairement exprimé sa préférence pour le Danemark et l’OTAN, affirmant que, face à un choix, le Groenland choisirait « le Danemark, l’OTAN, le Royaume du Danemark et l’UE ».
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