Washington – Donald Trump a rouvert la porte à une candidature à la présidence américaine pour un troisième mandat, malgré l’interdiction constitutionnelle explicite. L’ancien président, en fin de second mandat, a laissé entendre qu’il pourrait contourner les règles pour rester au pouvoir, suscitant une vive polémique et des interrogations sur la légalité d’une telle démarche.
Lors d’une conversation avec des journalistes à bord d’Air Force One lundi 28 octobre 2025, alors qu’il se rendait en Asie, M. Trump a affirmé qu’il « aimerait » effectuer un troisième mandat, se félicitant de ses « meilleurs chiffres de tous les temps ». Interrogé sur la possibilité de se présenter à la vice-présidence en 2028 comme une voie détournée vers la présidence, il a répondu qu’il « serait autorisé à le faire », avant de relativiser :
« Je ne ferais pas ça. Je pense que c’est trop mignon. Ouais, j’exclurais ça parce que c’est trop mignon. Je pense que les gens n’aimeraient pas ça. C’est trop mignon. Ce n’est pas – ce ne serait pas bien. »
Donald Trump, président américain
Cependant, des experts constitutionnels soulignent que M. Trump ne pourrait pas non plus briguer le poste de vice-président. Le 12e amendement de la Constitution américaine stipule clairement qu’une personne constitutionnellement inéligible à la présidence ne peut prétendre au poste de vice-présidence.
L’ancien président, qui a occupé la Maison Blanche de 2017 à 2021 et a entamé son second mandat en janvier 2025, a déjà flirté avec l’idée de prolonger son séjour à la présidence. Il a plaisanté à ce sujet lors de rassemblements publics et a encouragé ses partisans avec des casquettes arborant le slogan « Trump 2028 ». Certains de ses alliés ont même suggéré d’explorer des options juridiques ou politiques pour contourner l’interdiction constitutionnelle, évoquant par exemple la possibilité pour M. Trump de se présenter à la vice-présidence et de prendre la relève si le candidat à la présidence démissionnait.
Interrogé sur sa volonté de contester la légalité d’une nouvelle candidature devant les tribunaux, M. Trump a répondu qu’il n’y avait « pas vraiment réfléchi ». Il a par ailleurs salué le potentiel de JD Vance, son vice-président actuel, et de Marco Rubio, le secrétaire d’État, comme futurs candidats à la présidence, estimant que « s’ils formaient un jour un groupe, ce serait imparable ».
Ces déclarations interviennent alors que M. Trump est en déplacement en Asie, après avoir participé au sommet de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) à Kuala Lumpur, en Malaisie. Il doit ensuite se rendre en Corée du Sud pour le forum de coopération économique Asie-Pacifique (APEC), où il rencontrera notamment le président chinois Xi Jinping.