Publié le 28 novembre 2023 à 01:57:00. L’administration Trump menace d’intervenir militairement au Venezuela pour lutter contre le trafic de drogue, après un déploiement naval massif et des accusations contre le régime de Nicolás Maduro.
- Le président Trump annonce l’imminence d’opérations terrestres contre les trafiquants de drogue vénézuéliens.
- Les États-Unis ont déployé une importante force navale, incluant le porte-avions Gerald R. Ford, au large des côtes vénézuéliennes.
- Le gouvernement vénézuélien dénonce une « guerre psychologique » et accuse Washington de chercher à l’isoler.
Donald Trump a affirmé jeudi que les forces armées américaines allaient « très prochainement » lancer des opérations terrestres au Venezuela afin de stopper les « trafiquants de drogue » et de mettre fin au flux de stupéfiants vers les États-Unis. Cette annonce intervient après des semaines de tensions croissantes et un déploiement militaire américain sans précédent dans la région.
Lors d’un appel avec des membres de l’armée, le président a déclaré que ses forces s’efforçaient de « dissuader les trafiquants de drogue vénézuéliens, qui sont nombreux ». Il a ajouté que ces derniers « ne sont plus aussi nombreux à arriver par voie maritime pour envoyer leurs poisons aux États-Unis, où ils tuent des centaines de milliers de personnes chaque année ».
« Ils en font beaucoup, environ 85 % ont été arrêtés par la mer »,
Donald Trump, président des États-Unis
M. Trump a précisé que, bien que les trafiquants aient réduit leurs activités maritimes, les États-Unis allaient également commencer à les intercepter par voie terrestre. « Par voie terrestre, c’est plus facile, mais cela va commencer très bientôt », a-t-il déclaré.
Ce déploiement militaire, qui comprend le porte-avions Gerald R. Ford – le plus grand du monde – et un groupe d’attaque composé d’une douzaine de navires de guerre, de dizaines d’avions de combat, de bombardiers et d’avions de reconnaissance, ainsi que près de 15 000 soldats et marines, est perçu comme une tentative d’intimidation envers Nicolás Maduro. Washington l’accuse d’être à la tête du « Cartel des Soleils » et offre une récompense de 50 millions de dollars pour son arrestation.
Depuis le 2 septembre, l’armée américaine a attaqué une vingtaine de petits navires dans les eaux internationales de la mer des Caraïbes et du Pacifique oriental, tuant au moins 80 personnes que le Pentagone qualifie de « narco-terroristes ». Ces actions ont suscité de vives critiques de la part de membres du Congrès et de l’ONU, qui les dénoncent comme des « exécutions extrajudiciaires ». Le gouvernement Trump n’a, à ce jour, fourni aucune preuve tangible pour étayer ses accusations.
Le 24 novembre, la Maison Blanche a désigné le « Cartel des Soleils » comme organisation terroriste étrangère, intensifiant encore les tensions. Le gouvernement de Maduro, non reconnu par Washington, nie toute implication dans le trafic de drogue et dénonce une « guerre psychologique » menée par les États-Unis depuis 17 semaines.
La République dominicaine a autorisé l’utilisation de son principal aéroport et d’une base aérienne pour des opérations antidrogue américaines, pour une durée limitée. Washington exerce également des pressions sur d’autres pays pour qu’ils s’isolent du Venezuela, selon la vice-présidente vénézuélienne Delcy Rodríguez.
M. Trump a déclaré qu’il était prêt à discuter avec M. Maduro « pour sauver des vies de la manière la plus simple », tout en soulignant qu’il était également prêt à agir « de manière plus énergique si nécessaire ». Les États-Unis continuent par ailleurs de renforcer leurs alliances avec les pays des Caraïbes. Rejoignez gratuitement notre chaîne WhatsApp pour rester informé de l’actualité.
Le chef d’état-major américain, Dan Caine, s’est entretenu avec la Première ministre trinidadienne, Kamla Persad-Bissessar, pour discuter de la sécurité régionale. La République dominicaine et Trinité-et-Tobago ont réaffirmé leur soutien à Washington dans sa lutte contre les stupéfiants.