Dans un message publié tard dans la nuit, l’ancien président américain Donald Trump a laissé entendre une possible intervention militaire américaine en Iran, ravivant les inquiétudes quant à sa politique étrangère imprévisible. À 2h58, heure de la côte Est américaine (selon l’horodatage de son compte Truth Social), il a affirmé que les États-Unis interviendraient si Téhéran réprimait violemment les manifestants.
« Si l’Iran tire et tue violemment des manifestants pacifiques, comme c’est sa coutume, les États-Unis d’Amérique viendront à leur secours. Nous sommes verrouillés, chargés et prêts à partir », a-t-il écrit, ajoutant un laconique « Merci de l’attention que vous portez à ce sujet ! ». Cette déclaration intervient dans un contexte de tensions persistantes entre les États-Unis et l’Iran, notamment concernant le programme nucléaire iranien.
L’ancien président, qui a souvent fait preuve d’une rhétorique belliqueuse, a évoqué une possible action militaire alors qu’il est confronté à des critiques concernant ses déclarations et ses actions depuis qu’il a quitté la Maison Blanche. Des analystes s’interrogent sur les motivations derrière ce message nocturne, certains suggérant qu’il pourrait s’agir d’une simple expression de frustration ou d’une tentative de se positionner sur la scène internationale.
La Maison Blanche a retranscrit l’avertissement de Trump, reproduisant même une faute de frappe, ce qui a suscité des interrogations sur l’intention derrière cette reproduction fidèle. Cette attitude contraste avec les pratiques habituelles de communication présidentielle, où les erreurs sont généralement corrigées.
Sous la présidence Trump, les États-Unis ont eu recours à la force en Amérique du Sud, en Afrique et au Moyen-Orient. Le Congrès, traditionnellement chargé d’autoriser de telles actions, s’est vu marginalisé, devenant selon certains observateurs un simple prolongement des bureaux de la Maison Blanche. Trump semble moins hésitant à utiliser la force contre des nations moins puissantes, comme celles des Caraïbes ou du Nigeria, qui ne disposent pas des mêmes alliés stratégiques que la Chine ou la Russie.
L’ancien président a évoqué une possible nouvelle série de frappes aériennes ou une opération de renseignement en Iran. Il a également fait référence à sa récente rencontre avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, après laquelle il avait déclaré que l’Iran « se comportait peut-être mal » et que les conséquences seraient « très puissantes » si Téhéran reconstruisait son programme nucléaire. Netanyahu a par le passé plaidé pour un changement de régime à Téhéran, et certains estiment qu’il pourrait avoir encouragé Trump à adopter une position plus ferme.
Ironiquement, un changement de régime en Iran serait souhaitable pour de nombreux observateurs, et les États-Unis avaient autrefois soutenu les efforts visant à fournir aux Iraniens des informations indépendantes, notamment par le biais du service persan de Voice of America. Cependant, sous l’administration Trump, ce service a été fermé en mars 2023, une décision critiquée qui a conduit à la panique et au réembauche précipité des locuteurs persans juste avant des frappes américaines contre l’Iran en juin de la même année.
Les menaces de Trump, bien que parfois perçues comme des délires, sont prises au sérieux par les services de renseignement, qui doivent évaluer si elles reflètent une stratégie réelle ou simplement une expression d’impatience. Le risque est que les citoyens iraniens, désespérés, interprètent ces déclarations comme une promesse de soutien américain et commettent des erreurs de calcul.
Il est à noter que Trump lui-même s’était opposé à l’intervention militaire en Syrie en 2019, critiquant son prédécesseur Barack Obama pour avoir tracé une « ligne rouge » qu’il n’avait pas honorée. Il avait alors souligné les dangers d’une implication militaire coûteuse et potentiellement désastreuse. « Nous avons évité une autre intervention militaire coûteuse qui aurait pu avoir des conséquences désastreuses et de grande envergure », avait-il déclaré à l’époque.
De nombreux experts estiment qu’une intervention militaire en Iran serait risquée et imprévisible, et que les États-Unis devraient privilégier la diplomatie et la dissuasion. Dans un contexte international déjà tendu, les déclarations imprudentes de Trump ne font qu’ajouter à l’instabilité.
Sur le même sujet
