L’escalade de la tension entre l’administration Trump et plusieurs villes démocrates s’est intensifiée cette semaine avec le déploiement de la Garde nationale dans l’Illinois et des appels à l’arrestation de responsables locaux. Au cœur du conflit : la politique d’expulsions massives de migrants menée par le président américain.
Donald Trump a réclamé publiquement l’emprisonnement du maire de Chicago et du gouverneur de l’Illinois, J.B. Pritzker, les accusant de ne pas suffisamment protéger les agents de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE), l’Agence fédérale de contrôle de l’immigration. « Le maire de Chicago devrait être en prison pour ne pas avoir protégé les agents de l’ICE ! Le gouverneur Pritzker également ! », a-t-il écrit sur son réseau social Truth Social.
Le déploiement de 200 soldats de la Garde nationale dans l’Illinois, après des opérations similaires à Los Angeles et à Washington, vise selon l’administration Trump à soutenir les agents de l’ICE et à lutter contre la criminalité. Les autorités locales estiment cependant que leurs propres forces de l’ordre sont suffisantes pour maintenir l’ordre public.
J.B. Pritzker, considéré comme un potentiel candidat démocrate à l’élection présidentielle de 2028, a fermement dénoncé la politique migratoire de Donald Trump. Sur X (anciennement Twitter), il a exprimé son inquiétude face à une dérive autoritaire : « Faire en sorte que les gens pensent devoir avoir sur eux leurs papiers d’identité. Envahir notre État avec des troupes de l’armée. Envoyer des hélicoptères de combat au milieu de la nuit… Que reste-t-il d’autre sur la voie d’un autoritarisme total ? Nous devons tous nous lever et dénoncer [cette situation]. » Sa référence aux hélicoptères de combat faisait écho à une opération menée la semaine précédente dans un complexe résidentiel de Chicago, avec le soutien d’hélicoptères Black Hawk.
Selon l’administration Trump, des dizaines de personnes ont été arrêtées lors de cette opération. Des médias ont rapporté que des citoyens américains auraient également été détenus pendant plusieurs heures. En réponse, le maire de Chicago, Brandon Johnson, a annoncé la création de zones interdites à l’ICE, accusant les républicains de chercher à se venger de la guerre de Sécession.
Par ailleurs, Donald Trump a ciblé le mouvement Antifa, qu’il qualifie de menace terroriste d’extrême gauche. Lors d’un événement à la Maison Blanche, il a affirmé : « Nous avons une très sérieuse menace terroriste de l’extrême gauche dans notre pays. » La ministre de la Sécurité intérieure, Kristi Noem, a même affirmé que les manifestants Antifa étaient « tout aussi dangereux » que le Hamas.
Une juge a provisoirement bloqué un déploiement similaire de troupes à Portland, dans l’État de l’Oregon, estimant qu’il n’y avait pas d’insurrection ou de menace pour la sécurité nationale. Elle a rappelé que les États-Unis sont un pays de droit constitutionnel, et non de loi martiale.
Donald Trump a également évoqué la possibilité d’invoquer la Loi sur l’insurrection, un ensemble de lois datant des XVIIIe et XIXe siècles qui autoriserait l’utilisation des forces armées contre des citoyens américains en cas d’état d’urgence. Cette politique migratoire stricte, qui était au cœur de la campagne électorale de Donald Trump, a déjà été contestée devant la justice à plusieurs reprises.
À lire aussi
