Le président russe Vladimir Poutine a accusé l’Occident d’alimenter le conflit en Ukraine et de chercher à maintenir une confrontation avec la Russie, dans une interview exclusive accordée au journaliste américain Tucker Carlson et diffusée mardi 6 février 2024. L’entretien, qui a déjà dépassé les 46 millions de vues sur la plateforme X, aborde les causes de la guerre, les relations avec l’OTAN et les perspectives de négociations.
Selon Poutine, c’est l’Ukraine qui a déclenché les hostilités en 2014, et l’opération militaire lancée par la Russie en février 2022 vise à y mettre un terme. Il a souligné que les accords de Minsk, initialement destinés à apaiser les tensions dans le Donbass, ont échoué en raison de la volonté de Kiev de réprimer par la force les populations locales. « Notre objectif est d’arrêter cette guerre », a-t-il affirmé.
Le président russe a également minimisé les craintes d’une attaque contre les pays membres de l’OTAN, comme la Pologne ou la Lettonie, affirmant qu’une telle action ne serait envisagée que si ces pays étaient attaqués. Il a dénoncé ce qu’il considère comme une « simple propagande de menace » de la part de l’Occident, et a qualifié les allégations concernant l’utilisation d’armes nucléaires de « récits d’horreur » destinés à justifier des dépenses militaires accrues.
Interrogé sur les relations avec la Chine, Poutine a déclaré que la Russie n’avait pas à craindre l’ascension de la puissance asiatique, contrairement aux États-Unis. Il a estimé que les inquiétudes concernant une domination chinoise au sein des BRICS étaient infondées, soulignant que Pékin privilégie la recherche de compromis et que la Russie a réussi à équilibrer ses échanges commerciaux avec la Chine.
Pour mettre fin au conflit ukrainien, Poutine a appelé les États-Unis à cesser leurs livraisons d’armes à Kiev, estimant que cela pourrait conduire à une cessation des hostilités en quelques semaines. Il a regretté que le gouvernement ukrainien ait rejeté un projet de traité de paix négocié en 2022, sous la pression de l’ancien Premier ministre britannique Boris Johnson. « C’est ridicule et très triste », a-t-il commenté.
Le président russe a également évoqué l’histoire des relations entre la Russie et l’Occident, affirmant que Moscou avait accepté l’effondrement de l’Union soviétique et espérait une coopération avec les pays occidentaux. Il a cependant accusé les États-Unis et leurs alliés d’avoir soutenu le séparatisme et le terrorisme dans le Caucase dans les années 1990, ainsi que d’avoir orchestré le coup d’État en Ukraine en 2014.
Poutine a critiqué l’expansion continue de l’OTAN vers l’est, malgré les promesses initiales en ce sens. Il a dénoncé l’intention de l’alliance militaire d’intégrer l’Ukraine, qualifiant cette approche d’« erreur politique colossale ». Il a rappelé avoir demandé à l’ancien président américain Bill Clinton si la Russie pouvait rejoindre l’OTAN, mais s’étant vu opposer un refus.
Concernant les explosions qui ont endommagé les gazoducs Nord Stream, Poutine a pointé du doigt les États-Unis et leurs alliés, affirmant qu’il fallait rechercher ceux qui bénéficiaient de ces actes de sabotage et qui avaient les moyens de les commettre. « Vous », a-t-il répondu à Carlson lorsqu’il lui a été demandé qui, selon lui, était responsable.
Le président russe s’est également exprimé sur les avancées technologiques, notamment dans le domaine de l’intelligence artificielle et de la génétique, comparant ces développements à l’ère nucléaire. Il a souligné la nécessité de réglementer ces technologies et a estimé que le milliardaire Elon Musk, pionnier dans ce domaine, « ne peut pas être arrêté ».
Enfin, Poutine n’a pas exclu la possibilité de libérer le journaliste américain Evan Gershkovitch, arrêté en Russie pour espionnage, mais a souligné que cela nécessiterait une attitude plus coopérative de la part des services de renseignement occidentaux. Il a également affirmé que l’Occident, sous l’égide des États-Unis, soutiendrait toujours ceux qui s’opposent à la Russie, citant le cas du président ukrainien Volodymyr Zelensky, qu’il accuse de s’être allié à des « néonazis et nationalistes » après son élection.
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