La porte-parole de Québec solidaire, Ruba Ghazal, a présenté le cadre financier du parti intitulé « Les moyens de nos ambitions », accompagnée de son équipe économique composée d’Alejandra Zaga Mendez, de Gabriel Laurence-Brook et de Stéphanie Poirier.
Les grands axes du cadre financier de Québec solidaire
Parmi les priorités budgétaires figurent des investissements massifs de 11,8 milliards de dollars sur quatre ans pour faire face à la crise du logement, avec pour objectif d’acheter ou de construire 50 000 logements sociaux et communautaires. Le plan intègre également une bonification de 200 dollars par enfant de l’Allocation famille et une « Provision Trump » de 2 milliards de dollars sur deux ans pour contrer l’instabilité économique liée aux tensions commerciales avec les États-Unis. En matière de transition écologique, le parti s’engage à investir 23 milliards de dollars sur dix ans pour réparer et bonifier le réseau de transport collectif.
La fiscalité des plus riches et la création de nouveaux revenus
Pour financer ses projets, Québec solidaire table sur la recherche de 10,5 milliards de dollars de nouveaux revenus s’il forme le prochain gouvernement. Cet objectif repose en grande partie sur une réforme fiscale ciblant les contribuables les plus fortunés. La formation politique prévoit d’instaurer une taxe sur les grandes fortunes de 25 millions de dollars et plus, ce qui permettrait d’injecter 5 milliards de dollars par an dans les coffres de l’État. En outre, le taux marginal d’imposition serait augmenté pour les 10 % des contribuables gagnant 132 245 dollars et plus par an, le palier le plus élevé atteignant 32 % pour les revenus de 400 000 dollars et plus.
Cependant, ces projections fiscales font l’objet de nuances de la part des experts. Luc Godbout, titulaire de la Chaire de recherche en fiscalité et finances publiques à l’Université de Sherbrooke, souligne que ce dernier palier combiné à l’impôt fédéral porterait le taux d’imposition moyen à 59,6 %, plaçant l’économie québécoise au premier rang des pays avancés pour le taux marginal supérieur le plus élevé, comme l’explique Radio-Canada. Parallèlement, le parti anticipe plus de 500 millions de dollars de rentrées fiscales supplémentaires dès l’an prochain grâce à la hausse prévue du salaire minimum à 20 dollars l’heure indexé à l’inflation.
Les sources d’économies et les cibles de la dette publique
Du côté des dépenses et des économies internes, Québec solidaire identifie quatre mesures principales devant générer 4,6 milliards de dollars d’économies d’ici 2030-2031. Celles-ci comprennent la création de Pharma-Québec pour un régime d’assurance-médicaments universel public et un pôle de recherche, évalué à 3,3 G$, ainsi qu’une réforme de la rémunération des médecins pour 1,1 G$. S’y ajoutent l’adoption d’une déclaration de revenus unique pour 200 M$ et l’imposition d’un salaire maximal dans l’appareil gouvernemental et les grandes entreprises pour 10 M$. Des vérifications menées sur ces mesures soulignent toutefois que les détails financiers complets de ces quatre sources d’économies n’ont pas encore été entièrement dévoilés.
Concernant la dette nette, la formation politique ne prévoit aucun versement au Fonds des générations au cours de sa première année ni tout au long de son premier mandat. Selon les projections du candidat Gabriel Laurence-Brook, la dette nette s’établira à 40,4 % du PIB en 2030-2031, un niveau comparable au ratio de 42,9 % enregistré en 2019. Toutefois, cet échéancier s’éloigne des cibles prévues par la Loi sur la réduction de la dette et instituant le Fonds des générations, qui impose que la dette nette ne dépasse pas 38 % du PIB en 2033, alors qu’elle s’établissait à 38,1 % au 31 mars 2026.