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Un ancien responsable de Trump à la tête d’un fabricant israélien de logiciels espions accusé de cibler des journalistes

Publié le 18 novembre 2025 10h45. L'ancien ambassadeur américain en Israël sous l'administration Trump, David Friedman, prend la direction du groupe NSO, fabricant israélien de logiciels d'espionnage, dans un contexte de controverses et de tentatives de redressement de…

Un ancien responsable de Trump à la tête d’un fabricant israélien de logiciels espions accusé de cibler des journalistes

Publié le 18 novembre 2025 10h45. L’ancien ambassadeur américain en Israël sous l’administration Trump, David Friedman, prend la direction du groupe NSO, fabricant israélien de logiciels d’espionnage, dans un contexte de controverses et de tentatives de redressement de l’image de l’entreprise.

  • David Friedman, ancien ambassadeur de Trump en Israël, a été nommé président exécutif du groupe NSO.
  • Le groupe NSO est au cœur de plusieurs scandales liés à l’utilisation de son logiciel espion Pegasus pour cibler des journalistes, des militants et des responsables gouvernementaux.
  • L’entreprise cherche à renouer avec l’administration américaine, malgré une interdiction actuelle d’utiliser ses produits par les agences gouvernementales.

Le groupe NSO, connu pour son logiciel Pegasus capable de pirater des téléphones et d’en faire des appareils d’espionnage, tente de tourner la page après une décennie de critiques et d’accusations. L’arrivée de David Friedman, ancien avocat spécialisé en faillites, à la tête de l’entreprise s’inscrit dans une stratégie de réhabilitation et de rapprochement avec les États-Unis.

Depuis 2018, Amnesty International a dénoncé l’utilisation du logiciel Pegasus pour cibler ses employés, ainsi que des défenseurs des droits de l’homme palestiniens en Cisjordanie. Une enquête d’Amnesty International en 2018 avait déjà mis en lumière ces pratiques. En 2021, une enquête du Washington Post révélait que l’épouse du journaliste saoudien Jamal Khashoggi avait été ciblée par Pegasus quelques mois avant son assassinat en octobre 2018, via une agence émiratie.

Les accusations se sont multipliées ces dernières années. Un rapport publié par Amnesty International en mars 2025 indiquait que deux journalistes d’investigation serbes avaient été pris pour cible en février de la même année. L’administration Biden a d’ailleurs inscrit NSO sur une liste noire en 2021, l’accusant de fournir sciemment des logiciels à des gouvernements étrangers pour cibler des dissidents. Le New York Times avait alors rapporté cette décision du ministère du Commerce.

En 2024, un tribunal fédéral américain a reconnu NSO responsable d’avoir piraté les téléphones de plus de 1 400 personnes, dont des avocats, des journalistes, des militants des droits de l’homme et des diplomates américains, en ayant modifié le code de WhatsApp. Selon Gizmodo, cette décision a constitué une victoire majeure pour la protection de la vie privée. Le mois dernier, un juge fédéral a accordé à WhatsApp une injonction interdisant l’utilisation des produits NSO sur sa plateforme, une décision contre laquelle NSO a fait appel.

Malgré ces difficultés juridiques et éthiques, NSO a été racheté le mois dernier par un groupe d’investisseurs américains dirigé par le producteur hollywoodien Robert Simonds, connu pour des films tels que Happy Gilmore, Bad Moms et Hustlers. Les nouveaux propriétaires, détenant désormais une participation majoritaire, ont choisi David Friedman pour diriger l’entreprise et relancer ses activités.

L’objectif affiché de Friedman est de rétablir des liens avec l’administration américaine.

« Si l’administration, comme je l’espère, est réceptive à l’idée d’examiner toute opportunité susceptible d’assurer une meilleure sécurité aux Américains, elle nous considérera. »

David Friedman, Président exécutif du groupe NSO, cité par le Wall Street Journal

Il ambitionne notamment d’attirer les forces de l’ordre américaines comme clients.

Cependant, un décret signé par le président Biden en 2023 interdit aux agences gouvernementales américaines d’utiliser des logiciels espions commerciaux ayant été utilisés pour violer les droits de l’homme. Néanmoins, l’administration Trump avait déjà noué des partenariats avec des entreprises israéliennes de logiciels d’espionnage controversées. En 2024, l’agence ICE (Immigration and Customs Enforcement) a conclu un contrat de 2 millions de dollars avec Parangon, une entreprise dont les produits avaient été utilisés par le gouvernement italien pour espionner des journalistes et des militants des droits des migrants. Gizmodo a révélé que ce contrat avait été bloqué dans un premier temps, en attendant une vérification de conformité, mais le blocage a été levé il y a quelques mois, après le rachat de Parangon par une société de capital-investissement basée en Floride.

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.