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« Un attentat contre la démocratie » : au Brésil, les députés votent une loi pour réduire la peine de Bolsonaro, condamné pour tentative de coup d’État

Publié le 10 décembre 2025 22h43. La Chambre des députés brésilienne a adopté une proposition de loi controversée qui pourrait réduire de manière significative la peine de l'ancien président Jair Bolsonaro, reconnu coupable de tentative de coup d'État,…

« Un attentat contre la démocratie » : au Brésil, les députés votent une loi pour réduire la peine de Bolsonaro, condamné pour tentative de coup d’État

Publié le 10 décembre 2025 22h43. La Chambre des députés brésilienne a adopté une proposition de loi controversée qui pourrait réduire de manière significative la peine de l’ancien président Jair Bolsonaro, reconnu coupable de tentative de coup d’État, tandis que son fils se positionne pour l’élection présidentielle de 2026.

  • La Chambre des députés brésilienne a voté en faveur d’une loi susceptible de réduire la peine de prison de Jair Bolsonaro.
  • Cette initiative intervient alors que le fils de l’ancien président se présente comme son successeur potentiel.
  • Des incidents violents ont éclaté au Parlement lors des débats, avec l’expulsion d’un député et la suspension de la retransmission télévisée.

Une proposition de loi visant à alléger la peine de l’ancien président d’extrême droite Jair Bolsonaro a été adoptée ce mercredi 10 décembre par les députés brésiliens. Bolsonaro a été reconnu coupable en septembre 2025 d’être le chef d’une « organisation criminelle » ayant conspiré pour assurer son « maintien autoritaire au pouvoir ». Il purge actuellement une peine de 27 ans et trois mois de prison. Si le Sénat approuve également ce texte, sa peine pourrait être réduite à environ deux ans et quatre mois, selon le rapporteur Paulinho da Força.

Cependant, la décision finale concernant la durée de la peine reviendra à la Cour suprême. L’ancien dirigeant continue de clamer son innocence, dénonçant une « persécution politique » et sa défense a déposé un nouveau recours en novembre pour tenter d’annuler le procès, après le rejet d’un premier appel par la Cour suprême.

L’initiative parlementaire a suscité de vives critiques à gauche. Le député Lindbergh Farias, leader de la majorité, a dénoncé une loi spécifiquement conçue pour bénéficier à Bolsonaro :

« Toute loi doit être générale. Nous faisons clairement une loi spécifique pour bénéficier à Bolsonaro. »

Lindbergh Farias, député leader de la majorité

Il a également qualifié la situation d’« honte » et d’« attentat contre la démocratie », y voyant une nouvelle tentative d’immunité pour les putschistes.

Les débats ont été marqués par des incidents. Le député de gauche Glauber Braga a été expulsé manu militari par la police après avoir dénoncé une « offensive putschiste » et s’être installé dans le fauteuil du président de la chambre. La retransmission télévisée de la séance a été interrompue et les journalistes ont été chassés de la salle. La Fédération des journalistes du Brésil a « condamné avec véhémence » cet « épisode de violence ».

Le texte adopté, qui se présente comme une mesure de « pacification » du Brésil, a été approuvé par 291 voix contre 148. Il prévoit également d’accorder une liberté conditionnelle à plus d’une centaine de partisans de l’ancien président d’extrême droite, condamnés pour l’assaut contre les sièges des pouvoirs à Brasilia le 8 janvier 2023, quelques jours après l’investiture de l’actuel président de gauche, Luiz Inacio Lula da Silva. Investiture de Lula.

Bloquée pendant plusieurs mois, cette proposition de loi a finalement été inscrite à l’ordre du jour de la Chambre des députés mardi 9 décembre, au grand dam de l’opposition de droite et d’extrême droite qui milite pour une amnistie de l’ancien président. Un rapport de 500 pages, publié le 14 juillet 2025 par le procureur général de la République, Paulo Gonet, et remis à la Cour suprême fédérale, avait révélé que Jair Bolsonaro « a agi systématiquement, tout au long de son mandat et après sa défaite électorale, pour inciter l’insurrection et déstabiliser l’État de droit ». Rapport du procureur.

Parallèlement, le fils de Jair Bolsonaro a annoncé que son père l’avait désigné pour représenter son camp lors de la prochaine élection présidentielle de 2026.

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.