Un candidat à un poste de juge fédéral dans l’Indiana a suscité l’indignation après la résurgence d’un sermon prononcé en 2015, dans lequel il remettait en question l’aptitude des personnes handicapées à contracter un mariage « solide ».
Justin Olson, candidat soutenu par l’ancien président Trump pour le district sud de l’Indiana, avait déclaré lors de ce sermon que le mariage n’était « pas destiné à tout le monde », incluant spécifiquement « nos amis handicapés ou les personnes ayant un handicap physique qui pourrait empêcher le mariage solide auquel nous sommes appelés ». La déclaration a été largement diffusée sur les réseaux sociaux le 17 décembre 2025.
Ces propos sont considérés comme problématiques à plusieurs niveaux. Ils impliquent que les personnes handicapées sont incapables de nouer des relations épanouissantes ou de vivre une vie sexuelle satisfaisante, perpétuant ainsi des stéréotypes dépassés. Comme le souligne l’écrivaine Summer Tao, la désexualisation des personnes handicapées « nous prive de notre libre arbitre corporel, sexuel et reproductif ».
Au-delà des préjugés individuels, la situation est aggravée par des politiques qui pénalisent financièrement les personnes handicapées qui se marient. En effet, le mariage peut entraîner la perte de prestations fédérales essentielles, telles que le revenu de sécurité supplémentaire (SSI) ou les allocations pour enfants adultes handicapés, qui permettent à ces personnes de vivre de manière autonome.
En 2024, Joseph Shapiro, pour NPR, a rapporté le cas d’un couple dont l’un des membres, Amber, atteinte d’atrophie musculaire spinale, a perdu ses prestations SSI et Medicaid après son mariage. Le Medicaid d’Amber couvrait plus de 100 000 $ (environ 93 000 €) par an pour des soins à domicile et une assistance infirmière 24 heures sur 24. « Ce n’est pas ainsi que le mariage devrait être traité », a-t-elle déclaré à Shapiro. « Cela devrait être honoré et célébré. Pas : vous allez risquer votre vie si vous faites cela. »
Plusieurs projets de loi visant à corriger cette injustice, notamment la loi sur l’égalité du mariage pour les adultes handicapés et la loi visant à éliminer la pénalité de mariage dans le cadre du SSI, ont été présentés au Congrès, mais n’ont pour l’instant pas abouti. Selon le Fonds pour l’éducation et la défense des droits des personnes handicapées, ces initiatives restent bloquées.
Les commentaires de Justin Olson, à ce stade, mettent en lumière non seulement des préjugés individuels, mais aussi les obstacles systémiques auxquels sont confrontées les personnes handicapées qui souhaitent fonder une famille et exercer leurs droits fondamentaux.