Publié le 17 octobre 2025 10h45. Une nature morte de Picasso, assurée pour 600 000 euros, a disparu entre Madrid et Grenade, soulevant des questions sur la sécurité du transport d’œuvres d’art et l’organisation logistique d’une exposition.
- Une nature morte au crayon et à la gouache de Pablo Picasso, intitulée Nature morte à la guitare (12,7 x 9,8 cm), n’a pas été retrouvée lors du déballage des œuvres destinées à l’exposition « Nature morte : l’éternité des sans vie » à Grenade.
- L’œuvre appartenait à un collectionneur privé madrilène et était assurée pour 600 000 euros.
- L’enquête, menée par la police nationale espagnole, s’oriente vers une possible erreur logistique ou un problème survenu entre le coffre-fort de Madrid et le centre culturel de Grenade.
La disparition de ce tableau de Picasso, bien que de petite taille, a créé une onde de choc dans le monde de l’art. L’œuvre avait été récupérée le 25 septembre par des transporteurs spécialisés et des commissaires d’exposition, avant d’être placée dans un coffre-fort de Madrid en attendant son transfert vers Grenade.
Selon le journal local Idéal, des anomalies ont été constatées dans l’inventaire des œuvres. Deux tableaux portaient le même numéro de référence, et une œuvre supplémentaire avait été ajoutée à la liste à la demande de son propriétaire, sans que l’on sache si ce dernier est lié à la disparition du Picasso. Toutes les œuvres exposées proviennent de collections privées, dont certaines n’avaient jamais été présentées au public.
Le transport des œuvres de Madrid à Grenade, un trajet de plus de quatre heures, s’est déroulé en deux étapes. Les chauffeurs ont fait une halte d’une nuit à Deifontes, à une trentaine de kilomètres de Grenade, assurant qu’ils surveillaient le bus en permanence, même pendant les pauses repas. À leur arrivée au centre culturel de Grenade le 6 octobre, l’équipe sur place a relevé des « désorganisations » dans la liste de transport. Malgré ces irrégularités, la réception des œuvres a été signée environ une heure et demie plus tard, après vérification de l’emballage extérieur, sans déballage complet.
C’est lors du déballage complet, le lundi 6 octobre, que la disparition de la nature morte de Picasso a été constatée. Les images des caméras de surveillance de la Fundación CajaGranada, qui ont enregistré la collection intacte tout le week-end, n’ont révélé aucun élément suspect. L’organisation a immédiatement déposé une plainte, suspectant que le tableau ait disparu entre le domicile du propriétaire et l’arrivée du camion à Grenade.
Les autorités enquêtent actuellement sur les images de surveillance du coffre-fort madrilène et du centre culturel de Grenade. Ce n’est pas la première fois qu’une œuvre de Picasso est l’objet d’un vol. En 1989, douze tableaux de l’artiste avaient été dérobés dans la villa de sa petite-fille dans le sud de la France, pour une valeur estimée à 11 millions d’euros. Plus récemment, en 2010, un tableau intitulé Tête (1971) a été volé à Tel Aviv et retrouvé treize ans plus tard dans une cave à Anvers, comme l’a rapporté le NRC. Cependant, les vols de tableaux de Picasso restent des événements rares.
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