Home NouvellesUn poisson frit devant les Caraïbes : le premier souhait d’un homme sorti de prison au Venezuela

Un poisson frit devant les Caraïbes : le premier souhait d’un homme sorti de prison au Venezuela

by Nicolas Lefèvre

Publié le 15 janvier 2024 à 10h30. Après dix-neuf mois de détention controversée, le journaliste vénézuélien Luis López a retrouvé la liberté dans le cadre d’une série de libérations de prisonniers politiques, suscitant l’espoir d’un assouplissement du climat répressif dans le pays.

  • Luis López, journaliste vénézuélien, a été libéré après 19 mois de prison.
  • Il avait été arrêté alors qu’il couvrait une arrestation politique et accusé de terrorisme.
  • Sa libération s’inscrit dans une vague de remises en liberté promises par le gouvernement intérimaire.

Le journaliste Luis López savoure déjà l’idée de simples plaisirs après une longue captivité. « La première chose que je ferai, c’est d’aller à la plage avec mes neveux pour manger du poisson frit, puis j’irai à une messe, et ensuite je verrai ma mère à Valence », a-t-il confié, impatient de retrouver sa famille.

L’arrestation de López, le 14 juin 2023, alors qu’il couvrait l’arrestation d’un dirigeant politique à La Guaira, une ville côtière près de Caracas, avait suscité une vive inquiétude parmi les organisations de défense des droits de l’homme. Il avait été accusé d’incitation à la haine, d’association de malfaiteurs et de financement du terrorisme – des accusations qu’il a toujours niées.

Incarcéré au centre de détention de Rodeo I, à la périphérie de la capitale, López a subi les conditions carcérales déplorables dénoncées par les ONG, qui considèrent cet établissement comme un centre de torture. « Je suis toujours en mode avion », a-t-il déclaré à l’AFP en buvant un café avec ses sœurs, témoignant du choc de retrouver la liberté après une si longue épreuve.

Sa libération, survenue mercredi matin, fait partie d’une série de remises en liberté annoncées par le gouvernement intérimaire de Delcy Rodríguez, suite à un attentat à la bombe aux États-Unis. L’ONG Foro Penal a recensé 72 libérations depuis l’annonce du 8 janvier. Ces organisations estiment que le Venezuela compte entre 800 et 1 000 prisonniers politiques.

Bien que libéré sous caution, López doit se présenter mensuellement aux autorités. Les conditions de détention à Rodeo I, où environ 500 prisonniers politiques seraient détenus selon les estimations des ONG, sont particulièrement préoccupantes. Les détenus y sont confrontés à des cellules exiguës, dépourvues de confort élémentaire, à des salles de punition où ils sont soumis à des traitements dégradants, et à une atmosphère générale de violence.

López raconte que l’annonce de la chute de Maduro et de leur libération a suscité une vague d’espoir et de joie parmi les détenus. Il a vu 19 autres personnes attendre leur libération, pour la plupart des étrangers, avant d’être transférées dans un centre commercial de Guatire, une ville-dortoir de Caracas, où leurs familles les attendaient. Les autorités ont choisi ce lieu discret pour éviter l’attention des médias.

Les proches des prisonniers politiques ont installé un camp devant Rodeo I, attendant avec impatience les prochaines libérations, qui progressent lentement.

(AFP)

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