Publié le 2025-10-06 02:36:00. Une nouvelle étude canadienne établit un lien possible entre l’exposition à long terme au dioxyde de soufre, un polluant issu de la combustion des énergies fossiles, et un risque accru de sclérose latérale amyotrophique (SLA), une maladie neurodégénérative invalidante.
- L’étude a comparé l’exposition à différents polluants atmosphériques chez plus de 1 500 personnes, dont 304 atteintes de SLA.
- Les résultats indiquent que les personnes diagnostiquées avec la SLA avaient un historique d’exposition significativement plus élevé au dioxyde de soufre (SO2) que les personnes en bonne santé.
- Les chercheurs soulignent la nécessité de renforcer les réglementations sur la qualité de l’air pour protéger la santé publique.
Des chercheurs canadiens ont mené une étude approfondie pour déterminer si l’exposition à certains polluants atmosphériques pouvait être associée au développement de la sclérose latérale amyotrophique (SLA), également connue sous le nom de maladie de Charcot. Ils ont analysé les données de 304 personnes atteintes de la SLA et les ont comparées à celles de 1 207 personnes en bonne santé, appariées en fonction de l’âge et du sexe.
L’étude s’est concentrée sur l’estimation de l’exposition de chaque participant à différents polluants, en utilisant les données environnementales disponibles concernant leur lieu de résidence principal. Les chercheurs ont notamment examiné les niveaux de dioxyde de soufre (SO2), un composé libéré lors de la combustion du charbon et des carburants dérivés du pétrole. Des recherches antérieures avaient déjà établi un lien entre le SO2 et des lésions cérébrales, mais son implication potentielle dans la SLA n’avait jamais été étudiée de manière approfondie.
Les résultats ont révélé que les personnes atteintes de SLA présentaient un historique d’exposition au SO2 significativement plus élevé que les personnes du groupe témoin. Bien que cette association ne prouve pas un lien de causalité direct, elle suggère une corrélation préoccupante. Les chercheurs ont également noté que les niveaux de SO2 auxquels les participants étaient exposés avant l’apparition des premiers symptômes de la SLA semblaient être particulièrement importants.
Selon les chercheurs, il s’agit de la première étude à mettre en évidence un lien entre des niveaux élevés de SO2 dans l’environnement résidentiel et un risque accru de SLA. Ils soulignent que ces résultats renforcent la nécessité d’améliorer les mesures de contrôle de la pollution atmosphérique.
« Nos résultats soutiennent l’association entre l’exposition à long terme aux polluants atmosphériques, en particulier le dioxyde de soufre, et le développement de la SLA, soutenant la nécessité d’une amélioration des mesures de contrôle de la pollution atmosphérique. »
Chercheurs, publication dans Recherche environnementale
L’étude a également examiné le dioxyde d’azote (NO2), un autre polluant issu des gaz d’échappement des véhicules et des centrales électriques au charbon. Des études antérieures avaient suggéré un lien entre le NO2 et la SLA, mais l’analyse actuelle n’a pas révélé d’association significative une fois pris en compte d’autres facteurs, tels que le statut socio-économique.
La SLA est une maladie rare, touchant environ 1 à 2 personnes sur 100 000 chaque année dans le monde. Elle se caractérise par une dégénérescence progressive des cellules nerveuses, entraînant une paralysie et, dans la plupart des cas, le décès dans les trois ans suivant le diagnostic. Les causes de la SLA restent largement inconnues, bien que des facteurs génétiques et des habitudes de vie, comme l’activité physique intense et certaines mutations génétiques, aient été identifiés comme des facteurs de risque potentiels.
Les chercheurs estiment que la SLA est probablement le résultat d’une combinaison de plusieurs facteurs, et que la pollution atmosphérique pourrait en faire partie. Ils soulignent que la pollution de l’air a également été associée à d’autres problèmes de santé graves, tels que le cancer du poumon et les troubles de la santé mentale.
Les chercheurs appellent à des études plus approfondies sur les effets des polluants atmosphériques sur le risque de SLA et recommandent un renforcement des réglementations en matière de qualité de l’air, en particulier dans un contexte où la combustion des énergies fossiles continue d’être une source importante de pollution.
« Il est nécessaire de mettre en place des stratégies de prévention et d’améliorer les interventions réglementaires afin de protéger la santé publique contre les niveaux d’exposition à la pollution atmosphérique. »
Chercheurs, publication dans Recherche environnementale
L’étude a été publiée dans la revue Recherche environnementale.
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