Publié le 27 novembre 2025 à 21h30. Des candidates à un emploi à Paris affirment avoir été droguées lors d’entretiens d’embauche par un fonctionnaire du ministère de la Culture, révélant une affaire aux ramifications inquiétantes et un système judiciaire lent à réagir.
- Plus de 240 femmes auraient été ciblées par ce fonctionnaire via la plateforme LinkedIn.
- Les victimes rapportent avoir été invitées à boire du café ou du thé, potentiellement contaminés par une substance provoquant une perte de contrôle de la vessie.
- L’affaire, révélée par le Guardian, met en lumière des défaillances dans le traitement des plaintes et une attente judiciaire excessivement longue.
C’est un scénario qui glace le sang : un entretien d’embauche qui tourne au cauchemar. À Paris, des dizaines de femmes ont témoigné avoir été droguées lors de rendez-vous organisés par un fonctionnaire du ministère de la Culture. L’homme, qui utilisait la plateforme de réseautage professionnel LinkedIn pour contacter les candidates, leur proposait du café ou du thé pendant les entretiens, avant de les inviter à une promenade où les effets de la substance se manifestaient.
Les témoignages convergent : après avoir consommé la boisson, les femmes ont rapidement ressenti un besoin urgent et incontrôlable d’uriner. Certaines ont été contraintes de se soulager en pleine nature, tandis que d’autres ont perdu le contrôle de leur vessie en chemin vers les toilettes. L’humiliation et la détresse psychologique sont immenses.
Une victime brise le silence
L’une des victimes a récemment accepté de raconter son expérience au Guardian. Elle se souvient avoir senti son cœur s’emballer pendant la promenade, avant de devoir interrompre la conversation pour répondre à un besoin pressant. Elle a déclaré :
« Je ne refuserais jamais cela lors d’un entretien. »
La victime
La femme, qui avait 35 ans au moment des faits, attend toujours son procès. L’incident remonte à six ans, une attente qu’elle juge inacceptable. Elle explique avoir initialement hésité à boire quoi que ce soit, étant nerveuse, mais avoir finalement accepté par politesse et pour faire bonne impression.
Elle soupçonne que le fonctionnaire a profité d’un bref moment d’absence pour contaminer son café. La machine à café se trouvait dans le couloir, et elle s’était elle-même servie avant que l’homme ne s’éloigne pour saluer un collègue.
Les conséquences de cette expérience ont été dévastatrices. La victime a longtemps cru qu’elle était responsable de ce qui s’était passé, évitant Paris et renonçant à postuler à d’autres emplois. Elle a souffert de cauchemars et d’un sentiment d’échec.
Ce n’est qu’en 2019, après avoir été contactée par la police suite à la découverte de ses coordonnées sur l’ordinateur du fonctionnaire, qu’elle a compris qu’elle n’était pas seule.
Un tableau macabre : la liste des « expériences »
L’affaire a été révélée en 2018, après qu’un collègue du fonctionnaire l’ait dénoncé pour avoir tenté de photographier les jambes d’une autre policière sous sa jupe. Une enquête a alors été ouverte.
Les enquêteurs ont découvert sur son ordinateur un tableau intitulé « Expériences », dans lequel il consignait les dates et heures auxquelles il avait administré des drogues aux femmes, ainsi que leurs réactions. Il est accusé d’avoir des fantasmes sexuels et de chercher à exercer un pouvoir sur les femmes.
En 2019, le fonctionnaire a été mis en liberté sous contrôle judiciaire et des poursuites pour harcèlement sexuel et administration de stupéfiants ont été engagées. Certaines victimes ont depuis remporté des procès civils contre l’État. Cependant, l’homme n’a encore été reconnu coupable dans aucune de ces affaires.
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