Une famille a échappé de peu à la catastrophe à Louvie-Soubiron, dans les Pyrénées-Atlantiques, lorsqu’un bloc de pierre d’un volume de 40 mètres cubes et d’un poids estimé à 100 tonnes s’est détaché de la montagne. Le projectile rocheux a dévalé le flanc de la montagne « Erra queba de Larrouy », arrachant barrières, arbrissaux et haies, avant de venir s’immobiliser à vingt centimètres de la façade de la maison de la famille Fanfelle, située dans le quartier des « Eschartes », un hameau isolé de la commune.
Un rocher de 100 tonnes frôle une maison à Louvie-Soubiron
Le drame a été évité de justesse ce lundi vers midi. Les parents, Marie-Claude et Alain, venaient de quitter les lieux en ambulance pour un rendez-vous médical. Leur fils Frédéric se trouvait quant à lui à l’intérieur du pavillon érigé en 1983, tout juste en train d’allumer la télévision, lorsqu’il a entendu un immense bruit de tôle. En se précipitant dehors, il a découvert l’étendue des dégâts matériels. Le rocher a englouti l’abri jouissant la maison où était entreposé le bois de chauffage et a écrasé un 4×4 Toyota. Selon les observations des occupants, un dernier rebond salvateur et le véhicule tampon ont empêché le bloc de s’encastrer dans le pignon de l’habitation. Il a tourné, autrement il rentrait dans le pignon de la maison et il explosait la maison
, témoigne Frédéric, qui en a tremblé au moment d’alerter les secours et la mairie.
Un phénomène récurrent dans la petite commune
Ce type d’événement n’est pas inédit dans cette zone à habitats dispersés où vivent 24 habitants, situés à cinquante minutes de la mairie. Il s’agit en effet de la troisième fois en six ans qu’un éboulement de cette nature frappe la petite commune de Louvie-Soubiron. En 2020, un précédent rocher avait en partie détruit une résidence secondaire inhabitée.


Face à ces risques répétés, les habitants expriment leur traumatisme et leur incertitude quant à l’avenir. Je me dis : est-ce qu’on va pouvoir rester là ? Parce que si ça arrive comme ça, je ne sais pas. Si on doit avoir des catastrophes comme ça, je ne sais pas. On est traumatisés
, confie la mère de famille. Le maire de la commune, Gérard Sarrailh, en fonction depuis 2008, se sent quant à lui impuissant face à l’imprévisibilité de la falaise : Quand vous regardez la falaise, vous vous dites, quelle garantie on a qu’il n’y en aura pas une autre qui retombera ? Pour vous dire que quand même, c’est une préoccupation
. Malgré l’appréhension naturelle, les habitants affichent un fort attachement à leur territoire et n’envisagent pas de déménager.
Le contexte climatique et la fragilité des reliefs
La falaise située au-dessus du hameau avait pourtant fait l’objet d’une intervention de purge il y a trois ans, une opération qui consiste à provoquer des éboulements volontaires pour sécuriser les parois, tandis que des filets en acier peuvent également être installés dans certaines zones à risque. Cependant, les autorités et observateurs soulignent que les éboulements en montagne deviennent plus fréquents ces dernières années. Le réchauffement climatique, marqué par des précipitations extrêmes, des sécheresses et la fonte des glaciers, fragilise durablement les reliefs et rend ces chutes de pierres de plus en plus imprévisibles.