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Un signal énergétique cérébral caché entraîne la dépression et l’anxiété

Publié le 26 novembre 2025 08:04:00. Une nouvelle étude révèle un lien direct entre des perturbations dans la signalisation de l'adénosine triphosphate (ATP) dans l'hippocampe et le développement de comportements dépressifs et anxieux chez les souris mâles, ouvrant…

Un signal énergétique cérébral caché entraîne la dépression et l’anxiété

Publié le 26 novembre 2025 08:04:00. Une nouvelle étude révèle un lien direct entre des perturbations dans la signalisation de l’adénosine triphosphate (ATP) dans l’hippocampe et le développement de comportements dépressifs et anxieux chez les souris mâles, ouvrant la voie à de nouvelles pistes thérapeutiques potentielles.

  • Des niveaux réduits d’ATP et une diminution de la production de connexine 43, une protéine essentielle à la libération d’ATP, ont été observés chez les souris stressées et présentant des symptômes de dépression et d’anxiété.
  • La diminution artificielle de la connexine 43, même en l’absence de stress, a suffi à déclencher des comportements similaires, suggérant un rôle causal de la signalisation ATP.
  • La restauration des niveaux de connexine 43 dans l’hippocampe a permis d’améliorer les comportements dépressifs et anxieux, confirmant l’importance de cette voie de signalisation.

L’hippocampe, une région du cerveau cruciale pour la mémoire, la gestion du stress et la régulation émotionnelle, est au cœur d’une nouvelle découverte concernant les mécanismes biologiques de la dépression et de l’anxiété. Des chercheurs de la Southern Medical University, dirigés par Tian-Ming Gao, ont mis en évidence un rôle clé de l’adénosine triphosphate (ATP) dans ces troubles. L’ATP, bien connue pour être la principale source d’énergie des cellules, agit également comme un messager chimique permettant aux neurones de communiquer efficacement.

L’équipe a étudié les modèles de signalisation de l’ATP dans l’hippocampe de souris mâles soumises à un stress prolongé. Ils ont constaté que les animaux développant des comportements dépressifs et anxieux présentaient des niveaux d’ATP significativement plus faibles. Parallèlement, ils produisaient moins de connexine 43, une protéine formant des canaux qui facilitent le transport de l’ATP entre les cellules. Cette diminution de la connexine 43 entrave donc la communication neuronale via l’ATP.

Pour confirmer le lien entre la libération d’ATP et les troubles de l’humeur, les chercheurs ont mené une expérience supplémentaire. Ils ont génétiquement réduit l’expression de la connexine 43 dans les cellules normalement chargées de libérer l’ATP, chez un groupe de souris non exposé au stress. Résultat : même en l’absence de stress, ces souris ont manifesté des comportements dépressifs et anxieux, accompagnés d’une baisse des niveaux d’ATP. Cette observation renforce l’hypothèse selon laquelle une perturbation de la signalisation ATP peut directement influencer le comportement émotionnel.

L’espoir d’une nouvelle approche thérapeutique est venu de la restauration des niveaux de connexine 43. En rétablissant l’expression de cette protéine dans l’hippocampe de souris stressées, les chercheurs ont observé une normalisation des niveaux d’ATP et une amélioration notable des comportements dépressifs et anxieux.

Selon Tian-Ming Gao,

« C’est la première preuve directe qu’une libération déficiente d’ATP dans l’hippocampe est à l’origine de comportements de type dépressif et anxieux, révélant une voie moléculaire commune à ces conditions. »

Tian-Ming Gao, chercheur à la Southern Medical University

Il souligne l’importance de cette découverte, car la dépression et l’anxiété coexistent fréquemment et peuvent être difficiles à traiter simultanément avec les traitements actuels.

Les chercheurs envisagent désormais d’étudier le rôle de la connexine 43 et de la signalisation ATP chez les souris femelles, afin de déterminer si les mécanismes observés sont similaires entre les sexes. Cette étape permettra d’évaluer la pertinence de leurs résultats pour l’ensemble de la population. L’équipe espère que ces travaux ouvriront la voie au développement de nouvelles interventions ciblant la signalisation ATP, offrant ainsi une approche thérapeutique potentiellement plus efficace pour traiter à la fois la dépression et l’anxiété.

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.