Home Technologie et scienceUn signal lié à l’eau a été identifié sur la comète 3I/ATLAS

Un signal lié à l’eau a été identifié sur la comète 3I/ATLAS

by Thomas Caron

Publié le 1er novembre 2025 à 22h44. Des astronomes ont détecté de la vapeur d’eau émanant d’une comète interstellaire, une première qui pourrait révéler des indices précieux sur la formation des systèmes planétaires au-delà du nôtre.

  • Le télescope spatial Neil Gehrels Swift de la NASA a identifié des émissions ultraviolettes liées à la présence de gaz hydroxyle (OH) dans la comète interstellaire 3I/ATLAS.
  • Cette détection indique que la comète libère environ 40 kilogrammes d’eau par seconde, même à une distance trois fois supérieure à celle entre la Terre et le Soleil, un comportement inattendu.
  • La découverte offre une opportunité unique d’étudier la chimie d’un autre système planétaire et de mieux comprendre les ingrédients essentiels à la vie.

Une équipe de chercheurs de l’Université d’Auburn a mené cette étude en analysant la faible lueur ultraviolette émise par la comète 3I/ATLAS. L’observation a été rendue possible grâce à l’utilisation d’un télescope spatial, car le rayonnement ultraviolet est absorbé par l’atmosphère terrestre.

Les premiers calculs ont révélé que 3I/ATLAS libère environ 40 kilogrammes d’eau par seconde alors qu’elle se trouve à près de trois fois la distance Terre-Soleil. Ce taux de libération est surprenant, car les comètes du système solaire présentent généralement une activité réduite à de telles distances. La présence de gaz hydroxyle (OH), un sous-produit de la décomposition de l’eau, confirme l’émission de vapeur par la comète.

Cette découverte représente la première confirmation d’un signal lié à l’eau provenant d’un corps originaire d’un autre système stellaire. Les scientifiques estiment que cette détection permet d’obtenir des informations directes sur la chimie d’un autre système planétaire. Ils soulignent également que la comète pourrait contenir des substances volatiles qui ont survécu à son voyage dans l’espace interstellaire, et que son analyse pourrait fournir des indices sur les processus de formation planétaire en dehors de notre système solaire.

La mesure s’appuie sur la sensibilité de l’instrument au rayonnement ultraviolet, une bande du spectre invisible depuis la surface de la Terre. Le télescope Swift a capturé cette faible lueur, et l’équipe de l’Université d’Auburn a ensuite effectué une analyse spectrale pour identifier le signal du gaz hydroxyle. Cette identification a nécessité de filtrer d’autres sources de lumière et de modéliser l’intensité observée en fonction de la distance entre la comète et le Soleil.

Les chercheurs ont comparé le signal détecté aux modèles typiques des comètes de notre système solaire et ont conclu que l’activité observée dans 3I/ATLAS est cohérente avec la décomposition de l’eau dans le coma de la comète. Les calculs de perte de masse ont confirmé un taux d’environ 40 kilogrammes d’eau par seconde, une valeur obtenue grâce à des modèles physiques et des mesures ultraviolettes.

L’équipe a mené des observations depuis l’Alabama et a coordonné des suivis avec d’autres instruments pour vérifier la persistance de l’activité. Ces mesures ont confirmé que 3I/ATLAS continue de libérer des substances volatiles dans des conditions où les comètes locales sont généralement inactives.

Cette découverte s’inscrit dans la continuité des études sur les comètes interstellaires, après les observations d’Oumuamua et de Borisov, qui présentaient des caractéristiques différentes. Oumuamua s’était révélée être un corps sec, tandis que Borisov avait montré une abondance de monoxyde de carbone. 3I/ATLAS, en revanche, présente une activité associée à l’eau, ajoutant ainsi à la diversité des visiteurs interstellaires et suggérant une variété des conditions de formation dans d’autres systèmes stellaires.

Les auteurs de l’étude estiment que 3I/ATLAS pourrait avoir plus de sept milliards d’années, ce qui en ferait un vestige des premiers stades de la galaxie. Si tel est le cas, sa composition pourrait conserver des traces de la chimie primordiale de son système d’origine et offrir des indices sur la répartition des composés essentiels à la vie.

« Chaque détection d’eau ou de ses traces sur une comète provenant d’un autre système stellaire renforce l’idée que les ingrédients de base de la vie ne sont pas exclusifs à notre système solaire. »

Dennis Bodewits, physicien

Les astronomes prévoient de poursuivre leur surveillance de la comète 3I/ATLAS une fois qu’elle redeviendra observable après mi-novembre 2025, alors qu’elle se rapprochera à nouveau du Soleil. Ils espèrent ainsi obtenir des observations complémentaires qui leur permettront de suivre l’évolution de son activité et d’affiner les estimations de sa masse, de sa composition et de son âge. Ces nouvelles données contribueront à compléter notre compréhension de la diversité des corps qui traversent la galaxie.

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