Home MondeUn virus mortel frappe les derniers aras bleus rares du Brésil à l’état sauvage

Un virus mortel frappe les derniers aras bleus rares du Brésil à l’état sauvage

by Clara Dubois

Publié le 28 novembre 2025. Un virus incurable frappe les rares aras bleus de Spix, récemment réintroduits dans leur habitat naturel au Brésil, compromettant un programme de conservation de plusieurs décennies.

  • Les seuls spécimens sauvages d’aras bleus de Spix ont été diagnostiqués avec un circovirus mortel.
  • Tous les survivants de la réintroduction, ainsi que 21 oiseaux en captivité, sont porteurs du virus.
  • Le Brésil a rompu son partenariat avec une association allemande après la vente illégale d’aras à un zoo indien.

Un coup dur est porté aux efforts de réintroduction de l’Ara de Spix, une espèce emblématique rendue célèbre par le film d’animation « Rio » sorti en 2011. L’annonce, faite jeudi par le gouvernement brésilien, révèle qu’un virus incurable affecte les quelques individus qui avaient été relâchés dans la nature après avoir été élevés en captivité.

L’espèce, l’une des plus rares au monde, avait disparu de son habitat naturel semi-aride du nord-est du Brésil il y a 25 ans. Un programme ambitieux avait été mis en place pour tenter de la ramener, avec l’arrivée d’un groupe d’aras en provenance d’Allemagne en 2020. Sur une vingtaine d’oiseaux libérés, seuls 11 ont survécu, et tous ont maintenant été testés positifs au circovirus, une maladie qui provoque des troubles du bec et des plumes et qui est généralement fatale.

« La maladie n’a pas de remède et tue l’oiseau dans la plupart des cas. »

ICMBio, agence brésilienne de protection de la nature

Vingt et un autres aras, toujours maintenus dans un centre d’élevage de l’État de Bahia, sont également infectés. Une enquête est en cours pour déterminer l’origine du virus, qui ne présente aucun danger pour l’homme.

Cette nouvelle survient dans un contexte de tensions autour de la gestion de l’espèce. Le Brésil a mis fin à son partenariat avec l’Association allemande pour la conservation des perroquets menacés (ACTP) en 2024, après que cette organisation a vendu 26 aras de Spix à un zoo privé en Inde sans l’accord des autorités brésiliennes. Le Brésil avait déjà exprimé ses préoccupations lors de réunions de la CITES, l’organisme mondial de réglementation du commerce des espèces sauvages, concernant les failles qui permettent la vente d’aras élevés en captivité et alimentent la demande pour ces espèces fragiles. Outre la perte d’habitat, la convoitise des collectionneurs privés a contribué à l’extinction de l’oiseau à l’état sauvage.

L’ICMBio a infligé une amende de 1,8 million de reais (environ 336 000 dollars américains) au centre d’élevage Bluesky pour ne pas avoir mis en œuvre des protocoles de biosécurité adéquats afin de prévenir la propagation du virus. Les inspecteurs ont relevé des mangeoires à oiseaux “extrêmement sales”, incrustées d’excréments, et ont constaté que les employés manipulaient les oiseaux en portant des tongs, des shorts et des t-shirts.

Le film “Rio” a contribué à sensibiliser le public à la situation précaire de l’Ara de Spix. Cependant, la réalité de sa sauvegarde est bien plus complexe et dramatique, marquée par des enjeux de conservation élevés et des préoccupations concernant des pratiques commerciales douteuses.

© 2025 AFP

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