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Une carte montre comment les minéraux de terres rares du Groenland se comparent à ceux du reste du monde

Le Groenland, territoire autonome du Royaume du Danemark, suscite un intérêt croissant en raison de ses importantes réserves de terres rares, des minéraux essentiels aux technologies modernes et à la transition énergétique. Cette richesse minière, révélée par une…

Une carte montre comment les minéraux de terres rares du Groenland se comparent à ceux du reste du monde

Le Groenland, territoire autonome du Royaume du Danemark, suscite un intérêt croissant en raison de ses importantes réserves de terres rares, des minéraux essentiels aux technologies modernes et à la transition énergétique. Cette richesse minière, révélée par une nouvelle cartographie basée sur les données de l’United States Geological Survey (USGS), place l’île arctique au cœur des enjeux géopolitiques et des stratégies d’approvisionnement des grandes puissances.

Selon les données de l’USGS, les réserves de terres rares du Groenland s’élèvent à environ 1,5 million de tonnes. Bien que inférieures aux 44 millions de tonnes détenues par la Chine, qui domine actuellement le marché mondial (91,9 millions de tonnes au total), elles sont comparables à celles des États-Unis (1,9 million de tonnes) et dépassent celles du Canada (830 000 tonnes), de l’Afrique du Sud (860 000 tonnes) et de la plupart des pays européens. Le Brésil arrive en deuxième position avec 21 millions de tonnes, suivi par l’Inde (6,9 millions de tonnes) et l’Australie (5,7 millions de tonnes).

La concentration des ressources groenlandaises se situe principalement dans le sud de l’île, notamment sur le site de Kvanefjeld, dans la municipalité de Kujalleq. Ce gisement est particulièrement riche en néodyme, en dysprosium et en d’autres éléments industriels cruciaux pour la fabrication d’aimants haute performance, de batteries pour véhicules électriques, d’éoliennes et d’équipements militaires. Ces éléments sont indispensables à la transition énergétique et aux industries de défense.

L’exploitation minière au Groenland est toutefois confrontée à des défis logistiques importants, notamment le manque d’infrastructures, un climat rigoureux et des réglementations environnementales strictes, en particulier concernant les sous-produits radioactifs comme l’uranium. L’opposition locale, motivée par des préoccupations écologiques et la protection des modes de vie traditionnels, a également freiné le développement de projets miniers. En 2021, le parlement groenlandais a adopté une loi limitant les rejets d’uranium, impactant directement les calendriers de développement.

Malgré ces obstacles, l’intérêt occidental pour les minéraux groenlandais ne cesse de croître. Des investissements étrangers, comme le rachat de Tanbreez Mining par la société américaine Critical Metals, ont eu lieu dans un contexte où des responsables américains auraient bloqué des tentatives d’acquisition par des entreprises chinoises.

L’ancien président américain Donald Trump avait publiquement exprimé son intérêt pour l’acquisition du Groenland, évoquant des considérations de sécurité nationale : « Nous avons besoin du Groenland du point de vue de la sécurité nationale et l’Union européenne a besoin de nous et elle le sait. » Karoline Leavitt, attachée de presse de la Maison Blanche, a affirmé que « l’acquisition du Groenland était une priorité de sécurité nationale des États-Unis et qu’elle était vitale pour dissuader nos adversaires dans la région arctique. »

Plusieurs dirigeants européens ont réaffirmé la souveraineté du Groenland. Le Premier ministre groenlandais, Jens-Frederik Nielsen, a déclaré : « Nous ne sommes pas dans une situation où nous pensons qu’il pourrait y avoir une prise de contrôle du pays du jour au lendemain et c’est pourquoi nous insistons sur le fait que nous voulons une bonne coopération. » La Première ministre danoise, Mette Frederiksen, a souligné que l’île arctique « appartient à son peuple ». Une déclaration commune des dirigeants de la France, de l’Allemagne, de l’Italie, de la Pologne, de l’Espagne et du Royaume-Uni a réaffirmé que « le Groenland appartient à son peuple. Il appartient au Danemark et au Groenland, et à eux seuls, de décider des questions concernant le Danemark et le Groenland. »

Eldur Ólafsson, PDG d’Amaroq Minerals, a souligné que « le vaste potentiel minier du Groenland représente une opportunité pour l’Occident de garantir un approvisionnement en minéraux essentiels… nous pouvons donc comprendre pourquoi l’administration de Donald Trump a identifié le potentiel de ressources du Groenland comme une méthode potentielle pour lutter contre la domination de la Chine sur la chaîne d’approvisionnement en minéraux critiques. » Harvey Kaye, directeur exécutif de US Critical Materials, a salué les politiques mises en place par l’administration américaine pour « améliorer notre capacité à contribuer à la fourniture d’éléments de terres rares et de souveraineté en minéraux critiques aux États-Unis. »

À ce stade, le Sénat américain, mené par le sénateur démocrate Ruben Gallego, étudie des restrictions législatives sur l’utilisation de la force militaire au Groenland, tandis que les discussions diplomatiques sur l’avenir du territoire se poursuivent.

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À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.