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Une cause sur le véganisme ouvre une boîte de Pandore devant les tribunaux

Publié le 17 novembre 2023. Une bataille juridique d’un pompier végane contre son employeur pourrait forcer la plus haute cour de l’Ontario à reconsidérer sa jurisprudence en matière de droits de la personne, et plus précisément, la reconnaissance…

Une cause sur le véganisme ouvre une boîte de Pandore devant les tribunaux

Publié le 17 novembre 2023. Une bataille juridique d’un pompier végane contre son employeur pourrait forcer la plus haute cour de l’Ontario à reconsidérer sa jurisprudence en matière de droits de la personne, et plus précisément, la reconnaissance du véganisme comme une conviction profonde.

  • Adam Knauff, un pompier végane, conteste une décision qui lui refuse la protection contre la discrimination fondée sur ses convictions éthiques.
  • La Cour d’appel de l’Ontario doit décider si elle entendra une contestation de décisions antérieures, qui ont jugé que le véganisme ne constituait pas une croyance protégée.
  • L’affaire soulève la question de savoir si la jurisprudence actuelle, datant de 1972, est toujours pertinente face à l’évolution des valeurs et des convictions individuelles.

Toronto – La défense d’Adam Knauff, un pompier végane suspendu sans salaire en 2017 pour avoir refusé des repas non adaptés à son régime alimentaire lors d’une mission en Alberta, plaide pour une mise à jour de la façon dont les appels sont examinés par la Cour d’appel de l’Ontario. L’enjeu est de savoir si le véganisme éthique peut être reconnu comme une croyance non religieuse protégée par le Code des droits de la personne de l’Ontario.

M. Knauff avait porté plainte pour discrimination contre le ministère des Ressources naturelles de l’Ontario, son employeur. Il soutenait que le véganisme, fondé sur le respect de la vie animale, constituait une conviction profonde et devait bénéficier de la même protection que les croyances religieuses. Le Tribunal des droits de la personne de l’Ontario a cependant rejeté sa plainte en 2023, estimant que le véganisme éthique ne répondait pas aux critères définissant une croyance non religieuse au sens du Code.

Bien que M. Knauff et son employeur aient conclu une entente à l’amiable concernant les allégations de discrimination, la question de la reconnaissance juridique du véganisme a été portée devant les tribunaux. La Cour divisionnaire de l’Ontario a ensuite débouté M. Knauff, estimant que l’affaire était devenue sans objet suite à l’accord conclu avec son employeur et qu’il n’avait subi aucune discrimination.

L’avocat de M. Knauff, Nic Papageorge, estime que la Cour d’appel devrait reconsidérer cette décision. Il soutient que la jurisprudence actuelle, établie par l’arrêt Sault Dock en 1972, ne reflète plus les réalités sociales d’aujourd’hui. « Les mœurs ont évolué en 50 ans et il est temps de revoir la jurisprudence et d’adapter les critères à l’évolution des choix et des croyances des individus », a-t-il plaidé devant la Cour d’appel le 7 novembre.

Selon M. Papageorge, environ 850 000 Canadiens se considèrent comme végétaliens. Il insiste sur l’importance publique de cette affaire et estime qu’elle mérite d’être examinée sur le fond. Il a également souligné que la Cour d’appel pourrait, à défaut de partie adverse, désigner un ami de la cour pour présenter des arguments contradictoires.

« La décision de la Cour divisionnaire devrait être analysée sous un autre angle et à la lumière des droits inscrits dans le Code et la Charte »

Nic Papageorge, avocat de la défense

Le gouvernement de l’Ontario, représenté par Zachary Green, s’oppose à l’examen de l’affaire, arguant que l’entente conclue entre M. Knauff et son employeur rend la cause sans objet. Il rappelle que les termes de l’accord sont irrévocables et que M. Knauff ne peut plus contester les faits de l’affaire.

« Il est clair que M. Knauff n’apprécie pas le résultat de sa démarche devant les tribunaux »

Zachary Green, avocat du gouvernement de l’Ontario

M. Green a également mis en garde contre une interprétation trop large des critères d’admissibilité des appels. Il a souligné que la Cour d’appel devrait continuer à exercer un contrôle strict sur les demandes d’appel, conformément à la jurisprudence établie en 1972.

Une coalition de groupes de défense des droits a obtenu le statut d’intervenant dans cette affaire et soutient également la position de M. Knauff. Son avocate, Shantona Chaudhury, a plaidé pour l’adoption de critères plus progressistes, fondés sur l’intérêt public, pour déterminer si un recours mérite d’être entendu en appel.

Les cinq juges de la Cour d’appel ont réservé leur décision à une date ultérieure.

Définition

Le rôle traditionnel de l’ami de la cour (ami de la cour) consiste à aider le tribunal dans l’exercice de son pouvoir décisionnel en veillant à ce que les éléments de preuve et arguments pertinents lui soient présentés en bonne et due forme.

Source : ministère de la Justice du Canada

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.