Publié le 29 décembre 2025 14:33:00. Des chirurgiens de l’hôpital St. Michael’s à Toronto ont réalisé une première mondiale : une opération cardiaque robotisée pour corriger une malformation congénitale rare, ouvrant la voie à des interventions moins invasives et à une récupération plus rapide pour les patients.
- L’équipe chirurgicale a traité avec succès un patient atteint d’une anomalie cardiaque congénitale rare appelée « le cœur de la triade ».
- L’intervention a été réalisée grâce à une plateforme robotique de pointe, réduisant les incisions, les risques d’infection et le temps de récupération.
- St. Michael’s est devenu le premier hôpital de Toronto à implémenter cette technologie pour la chirurgie cardiaque.
Une avancée majeure dans le domaine de la chirurgie cardiaque a eu lieu fin novembre à l’hôpital St. Michael’s de Toronto. Les docteurs Gianluigi Bisleri et Daniel Burns ont réussi à opérer un patient souffrant d’une maladie congénitale extrêmement rare, surnommée « le cœur de la triade ». Cette malformation se caractérise par la présence d’une fine membrane à l’intérieur d’une des oreillettes cardiaques, divisant la chambre en deux compartiments distincts. En conséquence, le cœur fonctionne avec trois oreillettes au lieu de deux, ce qui entrave le flux sanguin et peut provoquer essoufflement, fatigue et, dans les cas les plus graves, une insuffisance cardiaque.
Cette opération intervient quelques mois seulement après que St. Michael’s soit devenu le premier hôpital de Toronto à adopter une plateforme robotique pour la chirurgie cardiaque et à réaliser une réparation robotisée de la valve mitrale. Forts de cette expérience, les docteurs Bisleri et Burns ont appliqué leur expertise à une condition encore plus complexe, réalisant ce qui est considéré comme la toute première intervention chirurgicale robotisée au monde pour traiter « le cœur de la triade ».
La robotique permet aux chirurgiens hautement qualifiés d’opérer à travers de minuscules incisions, ce qui réduit considérablement la durée du séjour hospitalier, le risque d’infection et accélère la récupération par rapport à la chirurgie à cœur ouvert traditionnelle. Le système Da Vinci, utilisé lors de cette opération, se compose de deux éléments principaux : l’endoscope, qui assure la visualisation, et trois bras robotiques équipés d’un EndoWrist, capable de reproduire – et même d’améliorer – la précision des mouvements de la main du chirurgien. Cette amplitude de mouvement accrue permet d’effectuer des manœuvres complexes dans des espaces restreints avec une précision exceptionnelle.
La visualisation endoscopique tridimensionnelle haute définition offerte par le système est un atout majeur. Contrairement à la chirurgie cardiaque conventionnelle, qui nécessite l’utilisation de loupes grossissantes, la plateforme robotique offre une clarté inégalée, essentielle dans ce cas pour garantir l’élimination complète et précise de la membrane anormale de la chambre cardiaque du patient.
Contrairement à la chirurgie à cœur ouvert, qui implique l’ouverture du sternum et une longue période de convalescence, la chirurgie cardiaque robotisée permet souvent aux patients de rentrer chez eux en quelques jours seulement. Le patient opéré a pu quitter l’hôpital trois jours après l’intervention et se remet bien à domicile.
Le Centre Schroeder BRAIN&HEART, l’un des centres cardiaques les plus actifs au Canada, met l’accent sur le développement de son programme robotique afin de traiter des maladies cardiaques rares et complexes, rendant ainsi les avantages de cette technologie de pointe accessibles à un plus grand nombre de patients.
« Nous avons la chance que, peu importe d’où vous venez, nous ayons tous accès aux soins les plus importants et les plus efficaces. Et nous sommes très chanceux que nos cliniciens continuent de repousser les limites et d’améliorer encore davantage la vie des gens. »
Altaf Stationwala, président et chef de la direction d’Unity Health Toronto
« Les succès ne s’arrêtent jamais », a déclaré Altaf Stationwala. « Je suis très fier de cette équipe. Nous changeons fondamentalement la façon dont la chirurgie cardiaque est pratiquée, mais nous modifions également l’accès aux soins. »
Par Christine Davidson
Photos de Katie Cooper
