Publié le 16 novembre 2023 14:53. Un nouveau cycle de projections cinématographiques à Charlottetown vise à mettre en lumière des œuvres canadiennes méconnues, réalisées par des cinéastes issus de communautés sous-représentées, et à dynamiser le paysage culturel de l’Île-du-Prince-Édouard.
Depuis près de dix ans, Nathan Lacroix constate l’évolution démographique de l’Île-du-Prince-Édouard et souhaite que l’offre cinématographique locale reflète cette diversité croissante. C’est dans cette optique qu’il a lancé « Au-delà du cadre », une série de films mettant en avant des histoires canadiennes portées par des créateurs et des communautés souvent invisibles à l’écran.
« Il ne faut pas croire qu’un film doit avoir un budget d’un million de dollars (environ 735 000 €) pour être de qualité », a souligné M. Lacroix lors de son passage à l’émission Matin de l’île de CBC. « Nous avons d’excellents réalisateurs et producteurs canadiens qui méritent d’être vus et reconnus. »
La série a débuté jeudi au City Cinema avec la projection de Gardien du village, un drame poignant qui suit le parcours d’une mère noire veuve, vivant à Toronto, et luttant pour protéger ses enfants de la violence ambiante.
Dès janvier, Nathan Lacroix prévoit d’organiser une projection mensuelle jusqu’à la fin août, offrant ainsi un accès régulier à ces œuvres alternatives.
Une programmation axée sur la diversité
Le projet a bénéficié du soutien financier du Fonds canadien indépendant de l’écran (FCIÉ), qui aide les créateurs canadiens indépendants. La programmation de « Au-delà du cadre » mettra en avant des films réalisés par des personnes noires et autochtones, ainsi que des œuvres de la communauté LGBTQ+.
« Ces films et ces histoires ne sont pas toujours racontés et diffusés ici, mais de plus en plus, ils sont créés », a précisé M. Lacroix. Il espère que cette initiative permettra non seulement aux Insulaires de découvrir un éventail plus large de productions canadiennes, mais aussi d’attirer l’attention d’éventuels partenaires financiers.
« Les bailleurs de fonds pourront constater que ces films sont de qualité et qu’ils trouvent un public ici. Ils pourront ainsi être plus enclins à les financer davantage », a-t-il expliqué. « La plupart du temps, les films sont financés par des organismes publics. Il s’agit donc de leur montrer que ces projets méritent d’être soutenus. »
Pour sélectionner les films de la série, Nathan Lacroix assiste à des festivals tels que le Festival international du film de Toronto et le Lunenburg Doc Fest, des événements qui lui permettent de découvrir de nouvelles productions canadiennes. Il consulte également les catalogues de distributeurs comme l’Office national du film du Canada.

M. Lacroix souligne que nombre de ces œuvres indépendantes sont méconnues du grand public, car elles ne bénéficient pas des mêmes campagnes de marketing que les productions à gros budget. Au-delà des projections, certains événements seront l’occasion pour le public de rencontrer les cinéastes et d’échanger avec eux.
