Une souche de teigne résistante aux traitements habituels, Trichophyton indotineae, se propage activement à travers le monde. Identifiée dans 29 pays entre 2022 et 2025 selon de récentes données de laboratoires, cette infection cutanée hautement contagieuse suscite l’inquiétude des autorités sanitaires face aux difficultés thérapeutiques qu’elle engendre.
La propagation mondiale de souches fongiques résistantes aux médicaments franchit une nouvelle étape. Une étude menée par des chercheurs européens met en lumière une augmentation marquée des cas de teigne causés par Trichophyton indotineae, un agent pathogène particulièrement difficile à éliminer par les thérapies conventionnelles. Les données analysées proviennent de la plateforme Mass Spectrometry Identification, hébergée par le laboratoire de parasitologie-mycologie de l’hôpital universitaire Pitié-Salpêtrière en France, qui centralise les souches soumises par des centaines de laboratoires à travers le monde.
Une propagation mondiale documentée par la spectrométrie de masse entre 2022 et 2025
Entre 2022 et 2025, les chercheurs ont examiné les soumissions de plus de 500 utilisateurs répartis dans 54 pays. Les résultats indiquent que la présence du pathogène a été confirmée dans 29 pays, avec une augmentation notable du nombre d’identifications au fil des ans.
Toutefois, les scientifiques soulignent que cette distribution reflète en grande partie la solidité des réseaux de surveillance et l’accès aux technologies de pointe dans certaines régions, tandis que d’autres territoires manquent d’infrastructures pour mesurer l’ampleur réelle de la diffusion.
L’émergence des cas aux États-Unis et le défi des traitements
Aux États-Unis, la souche a été détectée pour la première fois à New York en 2023 chez des patients ne répondant pas aux soins usuels. Les rapports officiels des Centers for Disease Control and Prevention indiquent que le champignon a depuis été identifié dans onze États, touchant des patients aux profils variés sans lien direct avec des voyages internationaux récents.

Les infections provoquées par cette espèce se manifestent souvent par des éruptions cutanées prurigineuses et étendues sur le corps, se distinguant des formes classiques de teigne ou de pieds d’athlète par leur résistance à la terbinafine, un antifongique couramment prescrit. Les patients requièrent fréquemment des alternatives thérapeutiques prolongées, telles que l’itraconazole, sous surveillance médicale étroite pour écarter tout risque de récidive.
L’appel des chercheurs à la vigilance des laboratoires
Face à la complexité de la prise en charge clinique de ces dermatophytes résistants, les auteurs de l’étude insistent sur la nécessité d’une meilleure coordination internationale. La technologie de spectrométrie de masse est présentée comme un outil indispensable pour l’identification rapide des souches rares.

Les auteurs de l’étude, publiés dans le journal Emerging Infectious Diseases, ont conclu en encourageant les laboratoires de microbiologie à utiliser la MSI pour identifier les dermatophytes, tant pour le bénéfice individuel que pour la santé publique.
Les autorités sanitaires rappellent par ailleurs que la transmission s’effectue principalement par contact direct de peau à peau ou par l’intermédiaire d’objets contaminés tels que le linge de toilette, les brosses à cheveux ou les surfaces humides des vestiaires publics, incitant les professionnels de santé à renforcer l’éducation préventive auprès du public.