Home MondeVénézuela | À quoi ressemble l’EA-18G Growler, l’avion de guerre électronique américain qui a bloqué les radars et les systèmes de défense du Venezuela pour capturer Nicolás Maduro | Donald Trump | Note | MONDE

Vénézuela | À quoi ressemble l’EA-18G Growler, l’avion de guerre électronique américain qui a bloqué les radars et les systèmes de défense du Venezuela pour capturer Nicolás Maduro | Donald Trump | Note | MONDE

by Clara Dubois

Publié le 9 janvier 2026 à 10h15. Une opération militaire américaine, facilitée par une guerre électronique sophistiquée, a permis la capture de Nicolás Maduro et de son épouse, Cilia Flores, au Venezuela, après avoir neutralisé les défenses aériennes du pays.

  • L’avion de guerre électronique EA-18G Growler a joué un rôle clé dans la neutralisation des systèmes de défense aérienne vénézuéliens.
  • Les États-Unis ont déployé une combinaison d’avions et de drones pour perturber les communications et les radars ennemis.
  • Le Venezuela disposait du système de défense aérienne le plus sophistiqué d’Amérique latine, mais il s’est avéré inefficace face à la technologie américaine.

L’opération dite « Résolution Absolue » a été menée avec une précision chirurgicale, selon des analystes, visant à capturer Nicolás Maduro tout en neutralisant les capacités défensives du Venezuela. Au cœur de cette stratégie se trouvait l’EA-18G Growler, un appareil conçu non pas pour détruire par la force, mais pour paralyser l’ennemi en perturbant ses systèmes de communication et de détection.

Contrairement aux avions de combat traditionnels, le EA-18G Growler ne cherche pas à détruire des cibles avec des bombes, mais à annuler la capacité de l’adversaire à voir, communiquer et réagir. Sa mission principale est ce qu’on appelle l’attaque électronique aéroportée : brouiller les radars, bloquer les communications militaires, tromper les capteurs et ouvrir des couloirs de sécurité pour que d’autres appareils puissent opérer sans être détectés. Il agit comme un « bouclier invisible » devant le reste de la flotte.

L’expert en guerre électronique Thomas Withington, du Royal United Services Institute, a expliqué au Wall Street Journal que le EA-18G Growler peut même simuler plusieurs avions sur le radar ennemi en échantillonnant leur impulsion et en la renvoyant, une tactique de leurre qui masque l’emplacement réel.

« Le EA-18G peut simuler plusieurs avions sur le radar ennemi en échantillonnant leur impulsion et en la renvoyant, une tactique de leurre qui masque l’emplacement réel. »

Thomas Withington, expert en guerre électronique au Royal United Services Institute

En plus de tromper l’ennemi, il interrompt le suivi et dégrade le guidage des missiles adverses. Ainsi, le travail du EA-18G Growler, ainsi que celui d’autres appareils, a permis aux États-Unis de bombarder des points stratégiques dans plusieurs villes du Venezuela sans opposition significative, avant de capturer et d’expulser Maduro et son épouse.

Le Venezuela possédait un système de défense aérienne sophistiqué, construit avec le soutien technologique de la Chine et de la Russie. Il comprenait des radars chinois équipés de systèmes de missiles anti-aériens et d’artillerie russes, ainsi que des systèmes Pantsir S-1, des missiles SAM-16, SAM-18 et SAM-24, et de l’artillerie antiaérienne modernisée. Cependant, selon Andrés Gómez de la Torre, spécialiste de la défense et du renseignement, ce système s’est avéré inefficace face à l’architecture technologique déployée par les États-Unis.

Gómez de la Torre explique que la guerre électronique a joué un rôle absolument décisif dans la neutralisation des radars de défense aérienne vénézuéliens, pour la plupart d’origine chinoise. Ces systèmes, conçus pour détecter et réagir aux raids aériens, sont restés inopérants dès les premières phases de l’opération. “La capacité de réponse était nulle”, souligne-t-il, même dans le cas de systèmes à courte portée comme le Pantsir, conçu pour protéger les installations stratégiques.

L’EA-18G Growler, piloté par deux personnes, atteint des vitesses proches de Mach 1,8 (environ 1 852 km/h) et peut opérer à plus de 15 000 mètres d’altitude. Il est équipé de capteurs de détection électroniques, de pods d’interférence et d’un radar AESA, lui permettant d’opérer dans des environnements hostiles. Bien qu’il ne soit pas sa fonction principale, il peut également transporter des missiles anti-radiations et des missiles air-air pour sa propre défense.

L’opération a également impliqué d’autres appareils dotés de capacités électroniques avancées, tels que le F-35 Lightning II et le F-22 Raptor, ainsi que des drones de reconnaissance ISR. Le Growler est essentiel dans des missions telles que la suppression des défenses aériennes, la protection des forces spéciales, le soutien à des raids rapides et de haute précision et à des opérations militaires secrètes ou discrètes.

Taxi-avion Boeing EA-18G Growler de la marine américaine à l'aéroport José Aponte de la Torre, ancienne base navale de Roosevelt Roads, le 17 décembre 2025 à Ceiba, Porto Rico. (Photo de Miguel J. Rodríguez Carrillo / AFP).

Taxi-avion Boeing EA-18G Growler de la marine américaine à l’aéroport José Aponte de la Torre, ancienne base navale de Roosevelt Roads, le 17 décembre 2025 à Ceiba, Porto Rico. (Photo de Miguel J. Rodríguez Carrillo / AFP).

/ MIGUEL J. RODRIGUEZ CARRILLO

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