Deux séismes de magnitude 7,2 et 7,5 ont frappé la côte nord du Venezuela le mercredi 24 juin 2026, causant au moins 164 morts et 971 blessés selon la présidente par intérim Delcy Rodriguez. Les États-Unis et plusieurs nations ont mobilisé des secours d’urgence pour intervenir dans la capitale, Caracas, et les zones rurales environnantes.
Le bilan humain et les projections alarmantes du USGS
La présidente par intérim Delcy Rodriguez a officiellement déclaré l’état d’urgence lors d’une allocution nationale mercredi soir. Si le bilan actuel fait état de 164 décès, les projections techniques suggèrent une tragédie d’une ampleur bien plus vaste.

Selon CNBC, l’US Geological Survey (USGS) a émis deux alertes rouges via son système PAGER. Leurs modèles prédictifs indiquent une probabilité de 41 % que le nombre de victimes dépasse les 10 000 personnes, avec un risque de 17 % que ce chiffre atteigne les 100 000 morts.
À Caracas, des images montrent des secouristes s’affairant parmi les décombres de bâtiments effondrés. Des survivants hébétés ont été évacués sur des brancards tandis que des familles cherchaient désespérément des proches piégés sous les structures bétonnées.
L’impact économique sera également sévère. L’USGS estime que ces tremblements de terre pourraient amputer le produit intérieur brut (PIB) du Venezuela jusqu’à 7 %.
La mobilisation internationale et le pivot diplomatique
La rapidité de la réponse américaine marque un tournant dans les relations entre Washington et le gouvernement intérimaire de Rodriguez. Le président Donald Trump a promis un déploiement rapide des ressources fédérales.

« Les États-Unis sont prêts, disposés et capables d’aider ! J’ai donné instruction à toutes les agences de notre gouvernement de se préparer à agir rapidement. Nous serons là pour nos nouveaux et grands amis. »
Donald Trump, Président des États-Unis, via Truth Social
Le département d’État a déjà mobilisé une force d’intervention et une équipe d’assistance aux catastrophes. D’après Jeremy Lewin, un haut responsable du département d’État, ces unités coordonnent l’envoi d’équipes de recherche et de sauvetage, de fournitures médicales et de ressources humanitaires.
D’autres nations ont également réagi promptement, comme le rapporte Dawn :
- Mexique : La présidente Claudia Sheinbaum a ordonné la préparation d’une aide composée de personnel médical et de spécialistes du sauvetage.
- El Salvador : Le président Nayib Bukele a annoncé le départ de 300 secouristes et paramédics, accompagnés de 50 tonnes d’équipements et de médicaments.
- Pakistan : Le Premier ministre Shehbaz Sharif a exprimé sa solidarité envers les familles des victimes.
- Autres : La République dominicaine a envoyé des équipes de sauvetage, tandis que la Chine, le Brésil et le Qatar ont mobilisé une aide humanitaire ou des brigades de secours.
En réponse, Delcy Rodriguez a remercié l’administration Trump pour son « soutien et sa solidarité ».
Black-out numérique et entraves aux secours
L’accès à l’information est devenu un enjeu critique. Selon le groupe de surveillance NetBlocks, cité par la BBC, la connectivité internet au Venezuela a chuté à 59 % peu après les séismes.
Bien que la capacité soit remontée à environ 77 % le jeudi matin, NetBlocks précise que ces perturbations résultent de coupures de courant et de dommages aux infrastructures, ce qui limite la visibilité sur le terrain et entrave les opérations de sauvetage.
Cette situation a poussé la Mission internationale indépendante d’établissement des faits des Nations Unies à intervenir. L’organisme a exhorté le régulateur des télécommunications vénézuélien à « débloquer totalement l’accès aux réseaux sociaux et à tous les médias ».
« L’accès à l’information sera une question de vie ou de mort. »
Mission d’établissement des faits de l’ONU
Le contexte est d’autant plus tendu que le Venezuela occupait la 159e place sur 180 pays dans l’Index mondial de la liberté de la presse 2026 de Reporters sans frontières.
L’ombre du contrôle pétrolier américain
L’empressement de Washington à aider le gouvernement de Rodriguez ne peut être dissocié des enjeux énergétiques. Depuis l’intervention militaire de janvier 2026 ayant conduit à la destitution de Nicolas Maduro, les États-Unis exercent un contrôle étroit sur les exportations pétrolières vénézuéliennes.

L’arrangement financier entourant ces exportations est massif, bien que marqué par un manque de transparence. Selon le Council on Foreign Relations, la valeur des exportations contrôlées par les États-Unis est passée de 600 millions de dollars en janvier à 3,7 milliards de dollars en avril.
| Période | Valeur des exportations contrôlées par les USA | Source |
|---|---|---|
| Janvier 2026 | 600 millions $ | Council on Foreign Relations |
| Avril 2026 | 3,7 milliards $ | Council on Foreign Relations |
| Flux totaux estimés | 8 milliards $ | Council on Foreign Relations |
L’Inde et l’Espagne figurent comme les principaux destinataires après les États-Unis. Cette nouvelle dynamique diplomatique, où le Venezuela est désormais qualifié de « nouveaux et grands amis » par Donald Trump, transforme une catastrophe naturelle en un test de stabilité pour le nouvel ordre politique imposé à Caracas.
Alors que les secours s’organisent, l’incertitude demeure sur le nombre réel de disparus, dans un pays où la communication reste fragmentée et la dépendance envers Washington totale.
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