Une nouvelle thérapie orale administrée une fois par semaine pourrait transformer les soins courants pour les patients vivant avec le VIH, selon des études récentes. Ce traitement, qui combine deux médicaments antirétroviraux à action prolongée, l’islatravir et le lenacapavir, a démontré une efficacité équivalente aux traitements quotidiens standards lors d’essais cliniques.
Des résultats cliniques prometteurs
Les résultats détaillés des essais de phase III, nommés ISLEND-1 et ISLEND-2, ont été présentés lors de la 26e Conférence internationale sur le sida (AIDS 2026) à Rio de Janeiro. Ces études ont porté sur des adultes vivant avec le VIH ayant migré d’un traitement oral quotidien stable vers le nouveau comprimé hebdomadaire. Le médicament combine 2 mg d’islatravir et 300 mg de lenacapavir dans un seul comprimé.
Après 48 semaines de suivi, le comprimé hebdomadaire s’est révélé tout aussi efficace que le traitement standard une fois par jour. Plus de 93 % des patients des deux groupes ont maintenu une suppression virale. Dans l’étude ISLEND-1, où le comparateur était le pharmaphorum.com (bictegravir/emtricitabine/ténofovir alafénamide), aucun patient ayant basculé vers la dose hebdomadaire n’a vu sa charge virale dépasser le seuil d’indétectabilité de 50 copies/mL, contre 0,3 % pour ceux restés sous Biktarvy. Dans l’essai ISLEND-2, les taux étaient respectivement de 0,3 % et 1,3 %.
Réduction du fardeau thérapeutique
L'objectif de cette innovation est de soulager les patients de la contrainte d'une prise quotidienne à vie. Les chercheurs soulignent qu'un simple oubli dans un calendrier strict peut risquer une résurgence du VIH.

Ce format hebdomadaire offre plusieurs avantages stratégiques :
- Flexibilité : Il permet d’adapter le traitement à la vie des patients plutôt que l’inverse.
- Alternative aux injections : Il évite le recours aux médicaments injectables, dont certains patients trouvent la planification des rendez-vous contraignante ou redoutent les piqûres.
- Lutte contre la stigmatisation : Cette option est jugée cruciale pour les personnes subissant la stigmatisation ou celles souffrant d’autres pathologies associées au VIH et prenant déjà de nombreux comprimés.
Gilead Sciences et MSD (connu sous le nom de Merck & Co aux États-Unis et au Canada), les développeurs du médicament, ont indiqué que les participants rapportaient une satisfaction accrue et un fardeau thérapeutique réduit.
Contexte et composants du traitement
Le nouveau traitement s’appuie sur deux molécules déjà connues sous d’autres formes :
- L’islatravir : Un inhibiteur de la translocation de la transcriptase inverse nucléosidique. Il a été approuvé par la FDA en avril sous la marque Idvynso, en combinaison quotidienne avec la doravirine.
- Le lenacapavir : Un inhibiteur de la capside. Il est déjà approuvé sous la marque Sunlenca pour le VIH multirésistant et sous la marque Yeztugo comme injection semestrielle pour la prophylaxie pré-exposition (PrEP).

Perspectives et suivi
L’essai clinique se poursuit afin d’évaluer la sécurité et l’efficacité à plus long terme, les chercheurs prévoyant de suivre les participants pendant un total de 96 semaines. Le professeur Jürgen Rockstroh de l’Hôpital universitaire de Bonn a précisé que si la thérapie antirétrovirale combinée quotidienne reste aujourd’hui la pierre angulaire du traitement, le paysage évolue vers des options à action prolongée.
Le profil des participants à l’étude ISLEND-1 reflète la population actuelle vivant avec le VIH, avec un âge médian d’environ 49 ans. Le groupe comprenait environ 80 % d’hommes cisgenres, 20 % de femmes cisgenres et 2 % de personnes transgenres, non binaires ou non conformes en termes de genre.
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