Publié le 24 décembre 2025 14:31. Des tensions diplomatiques s’intensifient entre l’Union européenne et les États-Unis après le refus de visa accordé à l’ancien commissaire européen Thierry Breton et à d’autres personnalités européennes, ravivant les inquiétudes concernant la souveraineté numérique et les relations transatlantiques.
- L’ancien commissaire européen Thierry Breton s’est vu refuser un visa d’entrée aux États-Unis, Washington l’accusant d’avoir entravé les intérêts américains.
- Le président du Conseil européen, Antonio Costa, a fermement condamné cette décision, la qualifiant d’« inacceptable » entre alliés.
- Le président français Emmanuel Macron dénonce une tentative d’« intimidation et de coercition » de la souveraineté numérique européenne.
La décision américaine a suscité une vive réaction de la part des autorités européennes, qui dénoncent une ingérence inacceptable dans leurs affaires. Antonio Costa, président du Conseil européen, a exprimé sa désapprobation sur X (anciennement Twitter) :
« L’UE condamne les restrictions américaines sur les voyages des citoyens et fonctionnaires européens. De telles mesures sont inacceptables entre alliés, partenaires et amis. L’UE reste ferme dans la défense de la liberté d’expression, de règles numériques équitables et de sa souveraineté réglementaire. »
Antonio Costa, président du Conseil européen
Cette protestation s’étend à quatre autres personnes également visées par ces restrictions de voyage. Emmanuel Macron a quant à lui dénoncé une tentative d’« intimidation et de coercition de la souveraineté numérique européenne », soulignant que la réglementation numérique européenne est le fruit d’un
« processus démocratique et souverain par le Parlement européen. »
Emmanuel Macron, président français
Il a précisé que cette réglementation, appliquée pour garantir une concurrence loyale entre les plateformes, ne vise aucun pays tiers et respecte les règles en vigueur hors ligne.
La Commission européenne a également réagi, demandant des éclaircissements aux autorités américaines et se déclarant prête à agir « rapidement et de manière décisive » pour défendre son autonomie réglementaire. Ursula von der Leyen a affirmé que l’Union européenne « protéger[ait] sa liberté d’expression ». Bruxelles conteste par ailleurs les accusations de censure à l’encontre des géants américains du numérique, lancées par l’administration Trump.
Thierry Breton, qui a occupé le poste de commissaire européen au marché intérieur de 2019 à 2024, a été identifié par l’administration Trump comme responsable de ce qu’elle considère comme une « censure de l’opinion américaine ». Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a déclaré que « l’administration Trump ne tolérera plus ces actes de censure extraterritoriale ».
